C'est-à-dire : pouvait servir à quelque chose
2. François Joisel (1619-1708), docteur en théologie et compagnon de M. Ilallier à Rome, mourut doyen de la Faculté de théologie.
154 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT
vérité ; qu'il fallait vivre de la foi divine plus que de la pru. dence humaine, et qu'il n'y avait point de prudence qui pût empêcher une persécution lorsqu'elle était dans l'ordre de Dieu et qu'il la voulait faire servir à sa vérité.
Il arriva dans ce même mois un petit incident qui fit voir la disposition des Jésuites et de leurs partisans à l'égard de saint Augustin. M. Girard, bachelier en théologie, qui s'y était rendu célèbre dès qu'il n'y était qu'écolier par la force avec laquelle il avait si souvent réduit à la confusion et au silence sur les matières de la grâce M. Le Moine son professeur, était sur la fin de son cours de philosophie qu'il enseignait dans le collège du Mans. Un de ses écoliers nommé M. Courbant*, natif de Harlem en Hollande, avait exposé dans des thèses qu'il devait soutenir les principales opinions de saint Augustin et de saint Thomas sur la liberté de rhomme, et il les avait dédiées à saint Augustin avec cette inscription : Augustinianœ veritati, au bas d'un rocher qu'il avait fait graver par Mellan' dans une planche, et au bas duquel les vagues impétueuses venaient se briser. Il avait fait représenter vers le haut de ce rocher un livre sur la couverture duquel était cette inscription : S. Augustini opéra adversus Peiagianos et eorum reliquias. Et sur le haut on y voyait ces paroles de Job : JUic confringes tumentes fluclus tuos. Les partisans de Molina qui prétendaient que ces opinions, qui ne sont fondées que sur la doctrine de saint Augustin, fussent condamnées par le pape, se plaignirent de cette thèse comme d'une entreprise que M. Girard faisait contre la constitution et portèrent leur accusation partout, afin que M. le nonce se réveillât, et que M. le chancelier usât de son autorité pour empêcher l'acte. Ce professeur ayant appris le piège qu'on lui tendait se fit assister par M. Dobaires, docteur en théologie et principal du collège du Mans, et justifia si clairement ses opinions, faisant voir qu'elles n'étaient en rien différentes de celles de saint Augustin et de saint Thomas, qui n'avaient reçu nulle atteinte par la bulle, ainsi que le pape l'avait déclaré de vive voix à M. l'ambassadeur qui l'avait mandé au roi, que M. le