LIVRE IX
rait reçue par tous les évoques de son royaume. Le cardinal s'en informa de M. Tabbé de Bourzeis et lui demanda si ses amis avaient manqué à la parole qu'il lui avait donnée pour eux. M. l'abbé de Bourzeis lui représenta que c'était un écrit présenté au pape quelque temps avant qu'il eût publié sa constitution en l'audience qu'il avait donnée aux théologiens députés pour [la défense de] la doctrine de saint Augustin. Que non seulement Sa Sainteté l'avait agréé, mais même qu'elle y avait eu égard en condamnant par sa bulle les mêmes propositions que cet écrit condamnait; que depuis cette audience, ces députés l'avaient envoyé à deux des évéques au nom desquels ils agissaient, et qui étant à Paris avaient eu plus de part dans cette affaire à cause de l'absence des autres prélats; que ces deux évêques l'ayant reçu avaient été d'avis de le faire imprimer pour faire voir que la constitution du pape ne se devait point entendre comme les Jésuites l'expliquaient en leur faveur, ce qui avait été exécuté sur la fin du mois de juin; qu'il n'y avait rien d'ajouté à cet écrit, ni préface, ni conclusion ; mais qu'il était tel que les députés l'avaient présenté à Sa Sainteté. Qu'en ce qui concernait les promesses que les disciples de saint Augustin lui avaient faites par sa bouche, il pouvait assurer Son Éminence qu'ils n'y avaient pas manqué et qu'ils les garderaient inviolablement; que c'était sans raison que les Jésuites décriaient partout cet écrit, puisque le pape l'avait agréé et y avait même déféré par sa constitution.
M. le cardinal Mazarin fut tellement satisfait de cette réponse que lorsqu'on lui en parla dans la suite, il dit que M. l'abbé de Bourzeis l'avait pleinement éclairci sur ce chapitre et qu'il l'en croyait parce qu'il ne mentait pas.
Cependant les Jésuites sollicitèrent M. le chancelier avec tout l'empressement imaginable de faire saisir les exemplaires de ces écrits chez les libraires qu'ils accusaient d'en être les débiteurs* et les marchands. M. de Toulouse lui persuada d'envoyer des commissaires chez eux pour faire cette exécution et chez ceux qui avaient eu le soin de le faire imprimer. On donna avis à M. Taignier qu'on pourrait bien aller chez lui à cause de l'étroite communication qu'il avait