‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 108 sur 510 · Ceux qui les débitaient · texte numérisé non relu

Ceux qui les débitaient

158 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

avec ces évêques; et il déféra au conseil de ses amis qui lui représentèrent qu'il ferait bien de s'absenter de Paris. Et quoique ces deux prélats prissent le soin de faire dire ce jour-là même qu'il ne s'était rien fait en cela que par leur participation, néanmoins les commissaires accompagnés de sergents ne laissèrent pas de s'acquitter de leur commission en faisant la visite chez les libraires, où n'ayant rien trouvé de cet imprimé qu'ils cherchaient, ils se contentèrent d'enlever d'autres imprimés qui les accommodaient mieux que cet écrit, mais qui ne servaient de rien pour les convaincre de la chose dont on les accusait. On en usa de même chez celui d'entre eux que l'un des imprimeurs avait dénoncé s'être chargé du soin de l'impression. Les commissaires se saisirent de plusieurs autres imprimés qui se trouvèrent chez lui, quoiqu'ils n'eussent aucun rapport avec celui qu'ils cherchaient, et il fut obligé de se tenir longtemps caché. Tous les libraires qui avaient quelque commerce avec les disciples de saint Augustin en prirent aussitôt l'épouvante, parce que ces ministres de justice ne visitaient que ceux que les Jésuites leur nommaient, et ces Pères passaient même devant leurs boutiques et y jetaient les yeux avec soin dans le temps de ces exécutions.

Les gens de bien blâmèrent leur procédé et leur reprochèrent de faire voir en cela que Técrit leur faisait beaucoup de préjudice en découvrant des choses qui ne leur plaisaient nullement, quoique les lettres qu'ils avaient reçues de Rome assurassent que le pape l'avait reçu sans le censurer; que cette manière de recourir à. la puissance séculière était une marque de la faiblesse de leur cause ; qu'ils auraient pu s'adresser à M. l'archevêque de Paris pour le prier de faire examiner cet imprimé, qui étant d'une matière purement ecclésiastique ne devait être jugé que par cette voie. Mais ils demeurèrent fermes dans leur première résolution et menacèrent de faire censurer par le pape cette distinction de sens. Sur quoi on leur répartit qu'elle aurait dû l'être déjà si elle avait quelque chose en soi qui méritât la censure, puisque le pape l'avait examinée avant que de publier sa constitution ; ce qui viendrait ensuite serait suspect, à moins qu'ils ne l'eussent fait condamner par M. l'archevêque de Paris et par la Faculté de théologie où ils avaient assez d'accès pour en venir à bout. Mais ce n'é-

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