‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 116 sur 510 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Inquiétude des Jésuites dans Rome et leurs intrigues depuis la constitution.

Pendant que les Jésuites de France s'appliquaient à pousser à bout les disciples de saint Augustin, ceux qui résidaient dans Rome n'étaient pas sans inquiétude. Ils reconnaissaient avec douleur la déclaration que le pape avait faite plusieurs fois en des rencontres très solennelles, et que MM. les cardinaux Spada et Chigi avaient réitérée aux plus considérables de Rome et aux premiers des ordres religieux; qu'il n'avait voulu préjudicier en rien à la doctrine de saint Augustin ni à celle de saint Thomas, non plus qu'à la nécessité de la grâce efficace par elle-même pour toutes les bonnes œuvres. Ils reconnaissaient que la constitution leur pourrait un jour être plus désavantageuse qu'elle ne leur était favorable dans ce temps où ils étaient soutenus par toutes les puissances de la terre, et que même les personnes les plus sages et les plus zélées pour la doctrine des Saints Pères, s'attachanl à cette déclaration, commençaient déjà à dire qu'eux Jésuites ne devaient nullement se prévaloir de cette censure, puisqu'elle ne condamnait pas la doctrine de la grâce efficace et qu'elle n'autorisait point celle de leur Molina. Ces réflexions leur firent résoudre d'abord de se mettre en possession de l'explication qu'ils faisaient de la constitution en faveur de leur doctrine, et de dire que le pape avait eu pour but d'autoriser l'opinion de Molina, puisqu'ils l'enseignaient actuellement dans le collège romain dans le temps même qu'il publiait cette bulle, et que cette tolérance leur tenait lieu d'une approbation positive.

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