‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 153 sur 510 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

iège eurent la confusion d'avoir découvert sans aucun fruit l'animosité et le venin de leur cœur contre lui. Et comme on l'avertit qu'ils avaient entrepris de le perdre et qu'ils y travaillaient incessamment, il fit cette sage répartie : « Je me tiens à la vérité^ je ne crains pas leurs artifices : Dominus protector meus et defensor vitse meœ.

Mais ces menaces^ ces intrigues et ces calomnies faisaient que ni les pasteurs, ni les communautés, ni les chapitres, où sans doute il y avait de très célèbres défenseurs de la doctrine de saint Augustin, n'osaient plus lever la tête ni se dé-

arer pour faire des exceptions que sans cela ils auraient eu dessein de faire. Il n'y eut que les docteurs de Louvain à qui

PM. l'internonce n'envoyapasencorela constitution, et qui deîneuraient sans rien faire pendantque tous les autres la recevaient, mais ils ne laissaient pas pour cela d'être encore plus décriés que les autres, parce que leur Faculté étant déclarée pour les sentiments de ce saint docteur de rÉglise,onles redoutait eux seuls plus que toutes les autres communautés. Les Jésuites employaient pour leurs desseins l'exemple des évêques de France qui avaient reçu la constitution dans le Louvre en présence de M. le cardinal Mazarin. Ils publiaient que la Sorbonne et toute l'Université de Paris s'étaient rendues à cette bulle, et qu'il n'y avait pas eu un évêque ni pas un docteur qui s'y fût opposé. Ils ajoutaient, pour faire trembler les plus hardis, qu'on maltraitait en France tous ceux qui étaient soupçonnés d'être du parti de Jansénius, qu'on les interdisait, qu'on les éloignait des charges ecclésiastiques ; enfin il n'y avait rien qu'ils ne missent en usage pour donner cours à cette publication.

Cependant, au milieu de toutes ces menaces, il se trouvait encore quelques disciples de saint Augustin qui soutenaient sans emportement et sans faire aucun bruit que cette constitution ne blessait en rien les sentiments de ce saint docteur, parce que c'était la doctrine de l'Église et du Saint Siège, et que comme la foi ne pouvait recevoir aucune atteinte, ainsi cette doctrine céleste devait être considérée au-dessus de toutes les censures des hommes d ici-bas. Ils représentaient queleSaintPèrel'avait ainsi déclaré lui-même à M. le cardinal Pimentel, qui l'avait fait savoir aux religieux dominicains de Rome, et ces religieux à leurs confrères de France et de Flandre, et que non content de cette déclaration, il avait

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ordonné à M. le cardinal Barberin de dire au général des Jésuites qu'il eût à mander à tous les théologiens de son ordre qu'ils se donnassent bien de garde de se servir de sa constitution contre la doctrine de saint Augustin dans leurs leçons, dans leurs prédications, dans leurs entretiens. Ils disaient de plus, que pour eux, ils n'avaient jamais eu d'autre intention que celle de maintenir cette doctrine, non comme l'opinion d'un homme particulier, mais comme la doctrine que Dieu avait inspirée à son Église et qu'il avait fait venir jusqu'à nous avec un soin merveilleux par le sacré canal de la tradition.

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