LIVRE X
lettre de M. de Sens leur rendait justice, ou plutôt qu'elle la faisait toute à l'Église contre l'injustice de ce prélat qui avait établi dans le sein de cette mère de tous les fidèles une hérésie purement imaginaire et qu'il ne pouvait défendre que par un abus de son autorité et celle dont il disposait en ce point. Que ceux qui trouvaient à redire à cette lettre devaient s'abstenir de crier partout comme ils faisaient qu'elle serait bientôt foudroyée par le Saint Père, puisque cette menace ne tendait qu'à faire voir le déshonneur de rÉglise, et combien il y aurait peu de justice dans .la cour de Rome où Ton voudrait étouffer les choses les )lus excellentes et les plus justes lorsqu'elles étaient désa- 'gréablesà quelques-uns et qu'elles découvraient les défauts de leur conduite. Que ce décri même retombait sur eux, ne servant qu'à faire voir leurs intrigues avec la cour de Rome, et qu'ils devaient considérer qu'il n'y avait rien de plus indigne et de plus bas pour des hommes raisonnables et pour des prêtres de J.-C. que de mettre leur gloire dans l'injustice, dans la calomnie et dans le mensonge. Mais il était inutile de vouloir persuader par l'évidence et par la force des raisons ceux qui ne suivaient que les ténèbres de leurs passions et qui voulaient dominer par les cabales et les violences.