LIVRE X
'endormait point pour procurer à la dite congrégation la paix et l'union qu'il lui jugeait nécessaires pour travailler utilement à la conversion des hérétiques qui ue cessaient de troubler son repos ; que pour ce sujet, afin de leur témoigner qu'il voulait rendre justice à un chacun et sans délai, évoquant à lui la connaissance de cette affaire, et l'interdisant à tout autre, il avait pris un soin particulier e s'instruire des causes, raisons et motifs qui avaient orté quelques-uns des suppôts de cette même congrégaion à former des obstacles à la réception des dits sieurs uisson et Kellis, et à cet effet, il avait, tant par lui que par es personnes dignes de foi, fait une entière recherche de vie, mœurs, conduite et doctrine d'iceux Buisson et Kellis, comme aussi des trois autres qui étaient à recevoir en la dite congrégation, et qu'ayant eu de fidèles rapports de leurs personnes et particulièrement des dits Buisson et Kellis qu'il avait appris être d'une vie irréprochable, que leur foi était très orthodoxe, qu'ils avaient une entière soumission au Saint-Siège apostolique, qu'ils travaillaient depuis longues années avec fruit et bénédiction dans les paroisses de Paris, et de là, jugeant n'être raisonnable que son autorité fut mise en avant pour autoriser le zèle indiscret de quelques particuliers à l'encontre des dits Buisson et Kellis ; à ces causes, désirant reconnaître leur vertu et détourner de dessus eux la persécution qu'on leur pourrait susciter, il lui mandait et ordonnait qu'il eût à convoquer à, tel jour ordinaire qu'il trouverait bon ladite congrégation dans la chapelle de son palais archiépiscopal ou dans la salle du collège de Bourgogne, lieu ordinaire des asseihblées, et qu'en icelle congrégation, conformément aux ordres qu'il lui avait fait donner par le sieur Vitry, son aumônier, le 15 du même mois, il eût à recevoir à la prestation du serment ordinaire les dits sieurs Buisson et Kelhs, conjointement avec les sieurs Dauvergne, Bouleau et Rivière, imposant silence de sa part à tous ceux qui voudraient par quelque voie que ce fût mettre obstacle à ses ordres ; qu'il voulait et entendait que le susdit acte révocatoire et lettre du mercredi 17 du même mois fussent tenus pour nuls et révoqués par lui, défendant au secrétaire de cette congrégation de n'en faire aucune mention ni de les insérer dans le registre; qu'il exhortait et conjurait par les
entrailles charitables de Notre Seigneur Jésus-Christ tous les sujets qui composaient cette même congrégation de vivre à l'avenir en unité de cœur, et de bannir de leur bouche ces noms odieux qui avaient par le passé apporté dans le champ de rÉglise les malheureuses semences de la discorde et de la division. Qu'il enjoignait très expressément, à lui, son vicaire général en cette partie, et aux sieurs directeur, sousdirecteur et autres officiers de la même congrégation d'y tenir la main, et de l'avertir des noms de ceux qui y contreviendraient, pour être contre eux agi par les censures ecclésiastiques; et qu'afin que personne n'en ignorât, il voulait et entendait que ce présent mandement, ensemble l'acte de confirmation de Télection des officiers, fussent imprimés pour être rendus notoires à tous.
Il n'y avait rien de plus injuste que le procédé de MM. les curés de Saint-Germain et de Saint-Sulpice contre ces deux ecclésiastiques qu'ils accusaient d'être rebelles au pape et de ne pas rendre à sa constitution toute l'obéissance qu'ils lui devaient, lorsque ces deux prêtres si irréprochables faisaient entendre à tout le monde qu'ils se soumettaient de tout leur cœur à la personne sacrée du pape, qu'ils le révéraient comme le chef visible de l'Église, et qu'ils regardaient le Saint Siège qu'il occupait comme le centre de l'unité ecclésiastique ; qu'ils condamnaient de cœur et de bouche les propositions qu'il avait condamnées dans sa constitution, comme ils avaient toujours fait profession de les condamner, et qu'ils le déclaraient à leur prélat, à leur père et à leur pasteur immédiat. Ces deux curés ne pouvaient agir ainsi sans s'opposer aux ordres de leur archevêque, sans déshonorer sa conduite, et sans l'accuser de s'être laissé surprendre par une facilité excessive aux persuasions de M. le curé de Saint-Jean. Les cabales qu'ils faisaient pour faire annuler par des puissances séculières les ordonnances ecclésiastiques de leur pasteur étaient indignes de personnes de piété, et ils devaient rougir de la passion aveugle qui leur faisait présenter des requêtes pour détruire un ouvrage si saint et si glorieux pour l'Église, aussi bien que des menaces qu'ils faisaient à ces pieux ecclésiastiques de leur faire ressentir des efîets de l'indignation et de la vengeance du roi. Mais le faux zèle n'a ni bornes ni barrières quand il est couvert du prétexte de religion, et nous allons