‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 173 sur 510 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

ertueux ecclésiastiques que l'aversion qu'ils avaient contre eux à cause de leur prétendu jansénisme.

Au même instant que cette requête parut, on dressa un mémoire instructif de toute l'affaire pour informer MM. du conseil de la vérité du fait. On représenta que M. l'archevêque de Paris était le seul supérieur de la congrégation Ie la foi, qu'en son absence son grand vicaire le repré- Bntaitdans les assemblées^ et le directeur en l'absence du rand vicaire. Que M. l'archevêque de Paris, qui avait onné à cette congrégation les statuts, s'était réservé le pouvoir d'y ajouter ou de les diminuer selon qu'il le jugerait à propos ; qu'il avait ordonné que l'élection des officiers se ferait dans la chapelle de son palais archiépiscopal, pour la rendre plus libre et plus plausible; que celle dont on se plaignait y avait été faite le 13 du mois de septembre dans toutes les formes, et le 17 ensuite confirmée au même lieu par M, l'archevêque, acceptée par toute la compagnie et exécutée. Que dans cette élection, il y avait eu quelque réserve à l'égard du directeur dans la patente de M. l'archevêque, qui n'avait pu approuver l'élection d'un évêque à une charge de trois ans, contre les canons et statuts de la congrégation; que néanmoins ce prélat, ayant bien voulu conserver à cet évêque les prérogatives d'honneur dans cette congrégation jusqu'à ce qu'il se retirât dans son diocèse, avait confirmé absolument l'élection de M. d'Anbigny ; que le secrétaire n'avait pas raison de se plaindre d'avoir été privé de son office en cette compagnie et de voix active et passive dans l'élection, parce qu'il savait bien qujil était dans le dernier jour des trois années des fonctions de charge; qu'il avait blessé l'autorité de M. l'archevêque e Paris dans la personne de son grand vicaire et fait caale pour l'élection des officiers par les billets remplis qu'il ,vait portés lui-même dans les maisons et où il s'était ommé lui-même. Que le mépris du consentement de M. le irecteur, qu'ils disaient avoir été omis dans la réception de s deux ecclésiastiques, était une chose imaginaire et forgée plaisir, puisque M. le curé de Saint-Jean, grand vicaire e M. l'archevêque, avait pris le consentement de M. le irecteur avant que de les recevoir, et qu'ensuite on Jeur vait donné selon la coutume un inquisiteur de vie et de œurs, et huit jours après, sur le rapport qui en avait été

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fait, ils avaient été reçus. Que M. l'archevêque avait ordonné qu'on les reçût après avoir été informé des motifs de Topposition qu'on avait formée à leur réception^ et fait entendre aux particuliers de la compagnie qu'ils ne devaient pas, sous des prétextes injurieux ou imaginaires^ former des oppositions contre des personnes qu'il autorisait et qu'il approuvait dans son diocèse. Qu'enfin les particuliers qui avaient présenté cette requête n'étaient ni reconnus ni avoués de la compagnie qui souffrait impatiemment leur procédé, quoique la retraite de plusieurs d'entre eux lui fût assez indifférente ; que depuis ce temps-là elle s'était assemblée toutes les semaines et s'était occupée dans ses fonctions ordinaires avec une tranquillité incroyable ; et que si elle pouvait jouir de ce repos pendant quelque temps, elle se ferait reconnaître comme le bon arbre par Tabondance de ses fruits quand les branches inutiles en seraient séparées. Que la compagnie ne disait pas cela pour faire aucun tort à [ceux]* de leurs confrères qui, étant capables de servir l'Église, pouvaient n'être tombés dans une espèce d'erreur que par le trop de créance qu'ils avaient donnée aux faux rapports qu'on leur avait fait contre leurs frères. Ces dernières paroles marquaient MM. Colombet, Ollier et leurs partisans, que le dépit avait fait retirer de ces assemblées afin de mieux réussir dans la persécution qu'ils méditaient d'attirer sur elle. Car pendant qu'ils se laissaient emporter à l'esprit de rébellion et de jalousie, la compagnie qui leur avait toujours inutilement persuadé l'amour de la paix jouissait d'un merveilleux repos durant leur absence, et sa tranquillité croissait tous les jours de plus en plus dans la plupart des délibérations. Cependant ces deux curés s'étaient tellement saisis de toutes les avenues de la cour que ce mémoire si plein de vérité n'y produisit aucun effet. On y était piqué jusqu'au vif de l'exclusion que M. l'archevêque de Paris avait donnée à M. Ollier, et sans considérer qu'outre la passion démesurée de ce curé, qui avait fait appréhender aux électeurs les effets de sa mauvaise humeur et de son chagrin, sa santé était si faible qu'il n'y avait pas lieu d'espérer qu'il pût faire par lui-même cette fonction, on était tout disposé à favoriser son ressentiment par des effets extraordinaires d'autorité qui éclatèrent dans la suite.

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