LIVRE X
i Cette explication si véritable et si pleine de sagesse saisfit tellement M. le duc d'Orléans qu'il demeura persuadé que le mandement de M. l'évêque d'Orléans méritait des louanges de tous ceux qui avaient de l'amour pour la paix e l'Église, et particulièrement pour le repos du diocèse. Il lama ceux qui lui avaient parlé au désavantage de cet acte i judicieux; il parla de ces personnes avec mépris, et téoigna à M. Meusnier être très satisfait de toutes les choses u'il lui avait apprises sur ce sujet. 11 demeura persuadé u'il n'y avait point de parti dans l'Église qui fût contraire ses règles et à sa foi; que ceux qui étaient accusés par es Jésuites de soutenir des erreurs n'avaient donné nul ujet à cette accusation, parce qu'ils condamnaient les rreurs que Sa Sainteté avait condamnées, et qu'aucun [d'eux n'allait au contraire. Il n'en fallut pas davantage pour ever tous les soupçons et dissiper toutes les peines que prince pouvait avoir sur ce sujet. Et comme il se souveait encore de ce qui s'était passé peu de mois auparavant, orsqu'ils avaient voulu porter Son Altesse royale à accorder une personne engagée dans les liens du mariage l'investiture de l'abbaye de Saint- Laumer de Blois*, ensuite d'une déplorable consultation que des docteurs instruits dans l'école de ces Pères et qu'ils avaient eux-mêmes confirmée, lui avaient envoyée avec beaucoup d'empressement, il se rouva aussi peu capable de donner créance à leurs calomies contre M. l'évêque d'Orléans qu'il avait été peu suseptible des impressions de leur morale corrompue dans ne affaire de cette considération, et fut pleinement conaincu par la solidité des raisons de M. Meusnier, qui lui fit oncevoir que le prélat dont il était vicaire général n'avait u agir autrement en cette rencontre. Il reconnut l'extrême njusticede ces Pères, qui n'ayant fait nulle plainte du manement que M. le cardinal Mazarin avait signé à la tête de us les évêques assemblés avec lui dans le Louvre, s'emortaient avec tant de chaleur contre celui de leur évêque, uoiqu'il fût composé des mêmes termes, et tâchaient de le ui rendre odieux, en soutenant avec leur hardiesse ordiaire qu'il lui était contraire et qu'il détruisait le résultat
1. Allusion à l'affaire du Coadray-Montpensier ; voir ci-dessus, p. 63 rtsq. (liv. IX, ch. n).
de cette assemblée. Ainsi Tunique avantage qu'ils remportèrent de leurs plaintes et de leurs intrigues fut d'être reconnus par Son Altesse royale pour de très grands calomniateurs, et de l'obliger d'être continuellement en garde à leur égard pour se garantir dans la suite des artifices dont ils pourraient se servir en de semblables occasions pour imposer aux évoques et pour le surprendre.