‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 176 sur 510 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Plusieurs excès des Jésuites eu divers endroits du royaume sur le sujet de la constitution.

Le P. Gaborens^ récollet si célèbre par la relation de son voyage à Paris dont on a parlé ci-dessus*, était alors au couvent de Meaux, et il était comme impossible qu'il eût tant de zèle pour la vérité et tant de respect pour la doctrine de saint Augustin sans irriter contre lui les superbes défenseurs du libre-arbitre indépendant de la grâce. Le P. Pinterel, l'un des plus fameux chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin de la congrégation de Sainte-Geneviève, l'ayant invité de faire le panégyrique de ce saint dans l'église dont il était théologal % les Cordeliers n'en apprirent pas plutôt la nouvelle qu'ils employèrent tout leur crédit pour l'empêcher de faire cette fonction. Ils crurent qu'il suffisait pour cet effet de l'accuser d'être janséniste, et publier partout que comme il ne prêchait ordinairement que la doctrine de ce parti, il ne manquerait pas de la débiter à ses auditeurs dans l'occasion de ce panégyrique. Ils prétendirent que puisque l'Église avait condamné les propositions des disciples de saint Augustin dans la constitution du pape, on ne devait pas permettre à ce religieux qui les avait enseignées de monter en chaire un tel jour qu'était celui de la fête de ce saint docteur.

Ce sage religieux, considérant qu'il n'y avait que l'autorité de M. le duc d'Orléans et celle de ses supérieurs qui pût lui être contraire en cette rencontre, il les ménagea avec tant de discrétion qu'il se les rendit favorables. Et sur ce que deux cordeliers l'avaient accusé d'un fait qu'ils ne

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