‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 180 sur 510 · CHAPITRE VllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VllI

îéceplion de la constitulion en Flandre. Persécution de M. Fromond par les Jésuites.

^ Autant que le pape avait de satisfaction de voir sa constitution reçue en France par les évêques et la Faculté de Paris, autant avait-il d'impatience de voir quel succès elle jurait en Flandre; et son internonce, qui poussait à bout Tarchevêque de Matines et M. l'évêque de Gand, faisait ^us les efforts imaginables pour assujettir à ce nouveau >ug la Faculté de théologie de Louvain. Non seulement il iployait les menaces pour obliger les docteurs de recevoir itte bulle sans aucune exception ; mais ne se contentant is de cette formalité, il voulait avoir quelque chose de plus îlatant et déplus précis, qui pût servir d'acte authentique "contre toutes les exceptions qu'on y aurait pu apporter et répondre aux désirs ardents du Saint-Père. L'autorité de l'archiduc ne manqua pas d'être employée à ce dessein par le secours des Jésuites, et tout cet effort ne tendait qu'à la ruine de ce corps célèbre, et à en désunir les membres les uns des autres.

Ces docteurs^ qui s'aperçurent d'abord de la vue que l'on avait en leur faisant des sollicitations si pressantes pour une chose inutile, s'en défendaient sur l'usage de leur Faculté, qui jusqu'alors s'était contentée de recevoir les actes de cette nature en la manière qu'elle avait reçu celui-là^ laissant ensuite au docteur qui était le maître de la discipline et obligé par sa charge à la conservation des droits de la Faculté le soin d'empêcher qu'il ne se fît rien contre la teneur de ces actes; et ils remontraient que de vouloir exiger quelque chose de plus de leur compagnie, c'était douter de sa foi et de sa conduite. Mais plus ils alléguaient de raisons, et plus M. l'internonce les accusait de résister aux ordres du pape et d'être rebelles à sa constitution ; et moins il se trouvait en état de leur répondre sur l'inutilité de cette double réception, plus il les pressait avec violence.

Il tâchait d'alléguer contre eux l'exemple de la Faculté de théologie de Paris. Mais outre qu'ils avaient pour eux la

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réponse commune que la Faculté avait pu faire ce qui lui avait plu sans que son exemple imposât aux autres aucune loi, ils avaient encore une raison particulière pour s'en défendre. Car c'était dans la Faculté de théologie de Paris que la dispute touchant les cinq propositions avait pris naissance. Les évoques de France avaient tiré de ce même corps les docteurs qu'ils avaient députés à Rome pour demander la condamnation de ces propositions, les uns absolument, les autres en suppliant le pape de donner une exception pour la doctrine de saint Augustin. Et les docteurs de Louvain n'ayant nulle part à cette dispute non plus que les évêques de Flandre, il paraissait qu'ils ne devaient rien faire de plus précis sur le sujet de la constitution que ce qu'ils avaient déjà fait, et ils se contentaient de promettre qu'ils ne les soutiendraient non plus à l'avenir qu'ils l'avaient fait par le passé.

Cependant, comme ils se défendaient avec toute la modération et tout le respect que l'on pouvait désirer de prêtres et de docteurs en théologie, il arriva une conjoncture très fâcheuse qui les rendit encore plus suspects à M. rinternonce, et qui donna plus de hardiesse aux Jésuites de les persécuter. Un docteur de leur corps, de l'ordre des Dominicains, ayant été obligé de prêcher dans une chaire particulière, crut que pour détromper les auditeurs des fausses impressions que les ennemis de saint Augustin leur avaient données à l'occasion des cinq propositions, il devait en faire quelque éclaircissement. Etparce que la principale de ces suppositions était que le pape avait condamné la doctrine de saint Augustin dans ces mêmes propositions touchant la nécessité de la grâce pour les bonnes œuvres, son zèle le porta à soutenir en chaire que le souverain pontife s'était donné bien de garde de [condamner] cette doctrine si céleste, comme il l'avait déclaré lui-même en plusieurs rencontres. Et il ajouta ces mots : que non seulement il ne V avait pas voulu, ïjyiais'] qu'il ne l'avait pas pu. On envenima ces mots innocents dans le rapport que l'on en fit à M. l'internonce, et il en fut si sensiblement offensé qu'il cita ce religieux à comparaître devant lui pour répondre de sa foi et de son sermon, ce qui surprit les plus sages.

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