LIVRE X
saminent pour faire connaître au pape et à tous les cardinaux la part qu'ils y prenaient; il protestait avec une hardiesse incroyable que c'était toutes faussetés, et que les Jacobins ne s'étaient engagés dans cette affaire que parce qu'ils s'y étaient laissé surprendre, mais que ce n'avait point été ensuite d'aucune conférence où ils etissent eu de l'avantage sur lui. Et sur ce qu'on lui soutenait encore que les Jésuites mêmes et ceux du parti de Molina parlaient autrement que lui et témoignaient que le pape leur avait accordé des audiences où ils avaient comparu les uns devant les autres, dans lesquelles les docteurs députés pour la cause de saint Augustin avaient été convaincus d'erreurs par leurs adversaires, il disait que les Jésuites et leurs amis étaient mal informés de la vérité des choses et de la manière selon laquelle elles s'étaient passées, étant constant qu'ils n'avaient jamais poursuivi de telles conférences parce .que le pape n'avait pas voulu s'engager dans des audiences où il entendrait disputer des théologiens qui contesteraient ensemble, et qu'eux aussi» non seulement ne le recherchaient pas, mais qu'ils le fuyaient, et que s'ils avaient fait mine de vouloir entrer dans ces conférences^ c'était parce qu'ils étaient sûrs que Sa Sainteté ne les leur accorderait jamais.
Et pour montrer qu'ils étaient d'intellige-nce avec les hérétiques et qu'ils avaient soutenu leur cause, les hérétiques n'osant la défendre dans Rome en présence du Saint Père et du Sacré Collège, il ajoutait à toutes les précédentes faussetés une des plus horribles calomnies qu'on pût invente'r : qu'ils avaient rendu compte de leur administration aux ministres et aux principaux d'entre les hérétiques des villes par où ils étaient passés, qu'ils avaient renouvelé leur alliance avec eux, et qu'ensuite ils avaient été régalés dans de grands festins.
M. Puy, sacristain de Saint-Nizier, entendit le récit de toutes ces choses de la propre bouche de ceux à qui M. Hal- Her les avait débitées dans Lyon lorsqu'il y passa, et il le manda à Paris à un docteur de ses amis. Un très sage Père de l'Oratoire en fut aussi témoin et en écrivit de Lyon à un autre docteur de Paris^ en lui faisant paraître dans sa lettre l'extrême horreur qu'il en avait, et combien ceux qui savaient la vérité de cette histoire détestaient tous ces mensonges.
Un cordelier des plus célèbres de son ordre confirma la même chose à M. Puy, et l'assura qu'il n'avait point entendu d'autre langage que celui-là de la bouche de M. Hallier.