Livre viii 3fi
élre considérés, et obtenir ensuite son approbation s'ils en étaient jugés capables; qu'il défendait aussi très expressément à tous curés, vicaires et autres ecclésiastiques de sa juridiction, de souffrira l'avenir aux dits Pères Capucins de célébrer la sainte messe, prêcher, catéchiser, et de faire autre fonction ecclésiastique, s'ils ne voyaient son approbation par écrit être donnée à cet effet; qu'il mandait cette ordonnance être signifiée, tant aux dits Pères Capucins et nommément à ceux de Saint-Forentin, qu'aux curés, vicaires et autres ecclésiastiques soumis à son autorité en son diocèse, à ce qu'ils n'en prétendissent cause d'ignorance et qu'ils eussent à obéir.
Mais quoique ces prélats agissent en cette occasion avec beaucoup de fermeté et de zèle pour maintenir l'ordre et la discipline de PÉglise, les Capucins de leur province et des environs s'opiniâtraient toujours à ne les vouloir pas reconnaître. Ce fut ce qui porta M. de Sens à donner encore une troisième ordonnance datée de Brinon du 1" mars de la même année 1653*.
Le reste de cette ordonnance contient une sentence d'excommunication contre les diocésains de Sens qui se confesseront aux Jésuites à l'avenir, et il emploie les mêmes termes dont il s'est servi dans son ordonnance du 26 janvier au sujet des Jésuites de Sens. Et à l'égard des Capucins, il les exhortait de rentrer dans l'esprit de pénitence qui était celui de leur vocation, laquelle les mettant au rang des morts les obligeait de ne venir plus troubler la paix des fidèles vivants^ .qu'il [les] conjurait par les entrailles de la miséricorde de J. C. d'avoir pitié de leurs âmes, demeurant fermes dans l'obéissance des commandements de Dieu qui leur ordonnaient d'obéir à la voix de leur pasteur, et de rejeter ceux qui voulaient mettre en la place des traditions divines les inventions de leur esprit, et ruiner tout ce qu'il y a de plus saint dans l'Église par orgueil et par intérêt.
M. l'archevêque de Sens, ensuite de ces sentences et de ces procédures juridiques, vint à Paris demander la jonction des évêques ses confrères, et dans l'assemblée du Clergé qui se tint pour ce sujet le vingtième jour de mars, il leur rendit compte de tout ce qui s'était passé dans son affaire,