‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 192 sur 510 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

MM. les curés de Saint-Sulpice et de Saint-Germain continuent de persécuter la compagnie de la Congrégation de la Propagation de la foi.

Quelque protection que M. Tarchevêque de Paris eût donnée à la Congrégation de la Propagation de la foi, MM. les curés de Saint-Sulpice et de Saint-Germain de l'Auxerrois, qui en avaient conspiré la ruine, ne voulurent se donner aucun repos jusqu'à ce que les deux actes, tant de la nomination des nouveaux officiers que de la réception de MM. Buisson et Kellis, eussent été cassés, pour obtenir l'effet de la requête qu'ils avaient présentée au conseil de Sa Majesté. Mais la fermeté de M. l'archevêque de Paris était un obstacle qu'il fallait vaincre, et cela ne paraissait pas fort aisé, car M. le cardinal Mazarin ne voulait pas irriter tout à fait ce prélat, ni lui causer une nouvelle affliction en diminuant son autorité. Il était même trop habile politique pour se faire sans aucun sujet de nouvelles affaires et mécontenter une compagnie tout entière, qui non seulement ne lui faisait aucun mal, mais qui même rendait d'ailleurs un service très considérable à l'État dans le soin qu'elle prenait de travailler à la conversion des huguenots d'une manière très sage et qui ne pouvait exciter de nouveaux troubles. Les principaux officiers étaient fort de ses amis; il venait de faire donner à l'un d'eux l'évêché de Périgueux, et il avait pris l'autre, savoir M. l'abbé de Bourzeis, en si grande amitié qu'il lui donnait toute sorte d'accès auprès de lui.

Page 1