LIVRE X
brouiller avec les Jésuites et d'attirer sur eux leur indignation.
Il y en eut quelques-uns qui voulurent avoir conférence avec lui pour savoir la vérité de son ordonnance et apprenre de sa propre bouche les motifs qui l'avaient porté à la concevoir en la manière qu'elle paraissait imprimée. M. l'abbé de Bourzeis entra en éclaircissement avec lui sur ce suet, et comme il savait les plaintes qu'on en avait faites à le cardinal Mazarin, il lui proposa les difficultés qu'il tait obligé de lever pour répondre à ceux qui se plaignaient e sa conduite. Mais M. de Gomminges lui fit entendre que e n'était qu'une malice des ennemis de la dignité épiscoale qui excitait cette tempête contre lui sans aucun sujet, ar personne d'eux n'avait trouvé à redire à l'avis que l'archevêque de Rouen avait prononcé dans l'assemblée enue au Louvre au mois de juillet précédent en présence e M. le cardinal Mazarin, quoiqu'il fût plus fort pour la conservation de la dignité épiscopale que tout ce qu'il en avait mis dans sa lettre; et que personne en ce temps-là ne s'était aussi élevé contre l'arrêté que toute l'assemblée avait fait d'insérer adroitement une période dans la lettre au pape, où elle marquerait principalement que le droit de juger en première instance des causes majeures de la foi
» appartenait aux évêques et était un droit attaché à leur paractère, de sorte que n'ayant fait que suivre les intentions de l'assemblée, on ne pouvait sans injustice trouvera redire à son procédé. Et sur ce que cet abbé lui [dit] qu'il avait pu prendre le tour que M. d'Angers avait suivi dans son
Iiandement et qui était demeuré hors d'atteinte de toutes >s plaintes que l'on en pouvait faire, ce prélat lui répliqua ue c'était en cela que paraissait la mauvaise intention de Bux qui attaquaient son ordonnance, puisque n'étant uestion que de soutenir le droit dont les évêques avaient toujours joui de juger des causes majeures, et principalement de celles de la foi, on n'y devait pas trouver à redire, à moins que de prétendre que les évêques de ces derniers temps ne fussent plus évêques et n'eussent aucun pouvoir; mais que les Jésuites n'auraient jamais formé cette plainte s'ils ne se fussent persuadés que son ordonnance avait pour but de soutenir ceux qu'ils appelaient jansénistes, ce qu'il savait de personnes fort instruites de l'accusation que ces
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Pères en avaient faite à M. le nonce, auprès duquel ils l'avaient déchiré, comme s'il eût eu dessein de mettre à couvert les erreurs condamnées par la constitution. Qu'au reste il les suppliait de bien entrer dans les motifs de sa protestation touchant ce droit des évêques, n'y ayant rien en ce point qui le pût faire relâcher de la résolution qu'il avait prise de le soutenir. Mais il n'y avait point en ce temps-là de raisons assez fortes pour combattre la politique de M. le cardinal Mazarin, et comme il agissait par des motifs secrets dans lesquels son intérêt présent à l'égard de la cour de Rome avait la meilleure part, les remontrances de M. l'abbé de Bourzeis n'eurent jamais le pouvoir de lui faire imposer silence sur ce sujet aux partisans de Molina, et quelques mots qui lui échappèrent à dessein dans de certaines occasions tirent juger qu'il applaudissait à leurs calomnies.