Sic
sipât l'orage qui se formait contre lui, et que l'exposition du fait, accompagnée de toutes ses circonstances, imposât silence à la calomnie.
D'ailleurs, comme les ennemis de la doctrine de saint Augustin avaient déjà intéressé M. le nonce dans la poursuite de la censure de sa lettre pastorale, afin de faire par le moyen de ce ministre du pape ce qu'ils ne pouvaient pas par eux-mêmes, ils continuèrent à l'animer et à lui faire comprendre qu'il s'en devait plaindre au roi, sans attendre qu'il lui vînt des ordres. C'était la sagesse des enfants du siècle, qui se mettent peu en peine de l'éternité, et qui croient avoir assez fait quand ils ont observé exactement les temps et les moments des conjonctures présentes. M. le nonce, à qui M. Rallier entre les autres en avait parlé fortement, promit de faire son devoir dans la première audience qu'il aurait après le retour de Sa Majesté, qui était à Sainte-Menehould. Mais comme le nonce était naturellement d'un esprit pesant, qu'il attendait des nouvelles de Rome sur cette lettre pastorale, et que d'ailleurs il avait deux brefs à présenter au roi pour raffaire de M. le cardinal de Retz, dans l'audience qu'il eut de Sa Majesté le 16 du mois de décembre sur les cinq heures du soir, il ne parla de la lettre de M. de Sens qu'en termes généraux, disant que le pape lui avait donné ordre de se plaindre à Sa Majesté de ce que dans son royaume il y avait des évéques qui, manquant de respect envers le Saint Siège, n'avaient pas rendu à la constitution de Sa Sainteté toute la soumission qu'ils lui devaient.
Quelques-uns crurent qu'il n'avait fait ce changement que par l'appréhension qu'il avait eue de se mettre en tète M. l'archevêque de Sens, qui depuis son arrivée à Paris lui avait fait dire que si le pape trouvait à redire à sa lettre, il le suppliait de vouloir marquer les points où il croyait qu'il eût passé les justes bornes, afin qu'il pût lui donner toute la satisfaction qu'il pouvait attendre d'un prélat étroitement attaché au Saint Siège, et qui avait autant de vénération pour Sa Sainteté qu'aucun évêque qui fût dans l'Église; se promettant de lui expliquer si bien toutes choses qu'il ne lui resterait plus de difficulté sur sa lettre. Mais si Sa Sainteté n'acceptait point cette voie d'honneur et de justice, il protestait de porter son alTaire au Parlement, d'aller