‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 232 sur 510 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Emportement de M. Hallier contre M. de Saint-Amour chez M. de Souvré.

L'un des derniers événements de cette année fut une rencontre qui arriva au mois de décembre chez M. le marquis de Souvré S chevalier des ordres du roi et premier gentilhomme de sa chambre, où M. de Saint-Amour, qui était fort connu de lui depuis longtemps et avait fait avec lui le voyage de Lorette six ans auparavant, servit de matière aux calom-

1. Le marquis de Souvré ne doit pas être confondu avec le commandeur du même nom, chanté par Boileau daus la Satire III. C'est probablement un petit-fils du maréchal de Souvré; il se nommait François et se noya dans le Tage en 1637.

nies de M. Hallier, qui se trouva chez ce seigneur, et éprouva les effets de sa violence et l'impétuosité de sa bile.

Il était assez difficile que ces deux docteurs se trouvassent ensemble sans entrer en matière sur les contestations qui avaient été le sujet de leur voyage. Mais M. Hallier n'ayant pas changé de manière persista toujours dans les mêmes faussetés qu'il avait déjà répandues contre M. de Saint- Amour, et c'était assez pour cela qu'il conservât toujours la même hardiesse sur le front et la même animosité dans le cœur.

Dans cet entretien, M. Hallier assura comme une chose constante que M. de Saint-Amour et ses collègues avaient eu de grands pourparlers, familiarités et conférences avec les ministres de Genève, et qu'il en avait été fort bien informé par le procureur-syndic de cette ville-là. M. de Saint- Amour l'arrêta tout court en disant qu'ils n'en avaient pas approché à trois journées près, et qu'il était prêt de le certifier par le voiturier qui le conduisait, et par le témoignage de toutes les hôtelleries dans lesquelles ils avaient logé sur la route qu'ils avaient tenue.

2**. M. Hallier appela M. de Saint-Amour un séditieux, et pour le prouver, il dit qu'il avait excité sédition sur sédition, en la mettant dans leur Faculté de théologie aussitôt qu'il l'avait vue émue dans Paris par les barricades ; et pour réfuter cette accusation, M. de Saint-Amour ne fit que lui marquer les dates du jour qu'il avait formé son opposition au violement des statuts de leur Faculté, qui était la sédition prétendue qu'il lui reprochait, le 2 de mai de l'année 1648, et du jour déplorable de ces barricades, qui ne furent faites que quatre mois après, savoir: le 2ô d'août suivant.

3». Il contesta avec une fermeté extraordinaire que la censure du i^^ jour d'août 1626 contre Santarel * avait été révoquée par la Faculté. Et M. de Saint-Amour lui dit qu'il mettait en fait qu'il ne pouvait lui-même montrer aucun acte valable de cette révocation chimérique, et que de sa part, il s'obligeait déporter dans le jour une copie de cette censure comme extraite de nouveau de leurs registres.

1. Antoine Santarelli, jésuite italien (1569-1649), auteur du traité : De

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