CHAPITRE XII
Le Père Anoat publie un livre intitulé : Cavilli Jansenianorum, etc., et le Père [Février i] fait un écrit de la distinction des sens.
Les Jésuites ayant entrepris de faire traiter les disciples de saint Augustin en hérétiques, il fallait dans leur dessein les pouvoir convaincre de soutenir une hérésie condamnée par la constitution. Et comme l'écrit de la distinction des sens, qu'ils avaient présenté au pape l'année précédente, les mettait à couvert de toute censure et venait encore d'être autorisé par les lettres pastorales et les ordonnances de trois évêques, ils se voyaient engagés pour le succès de leurs intrigues à l'exécution du dessein dont M. de Marca avait déjà fait Touverture par sa lettre au pape, dressée au nom de l'assemblée du Louvre, et ce fut dans cet esprit qu'ils publièrent partout que les cinq propositions étaient de M. l'évéqued'Ypres, et que le papeJes avait condamnées dans le sens de cet auteur.
Pour réussir, ils entreprirent de traiter de supposition et de pure chicanerie cet écrit de la distinction des sens, et le Père Annat, qui tenait alors le rang de provincial dans leur province de France, entreprit de le montrer par un écrit qu'il intitula : Cavilli Jansenianorum contra latam in ipsos a Sancta sede sententiam, seu confutatio libelli Irium columnarum, et aliarum conjecturarum quas Janseniani obtinere conantur ut non videantur esse damnati. A. P. Francisco Annato^ Societatis Jesu.
Ce livre avait été composé principalement pour les évêques qui étaient alors dans Paris et qui prenaient part à l'affaire de M. l'archevêque de Sens, et il avait pour but de leur persuader que la constitution du pape serait une pure illusion, et que tout ce qui avait été fait ensuite parles évêques de France dans l'acceptation et la publication de cette bulle tomberait par terre, tant que les disciples de saint Augustin soutiendraient que les propositions n'étaient point de l'évêque d'Ypres et n'avaient pas été condamnées dans le sens de cet auteur. Ainsi il employa une partie de son