‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 27 sur 510 · V. livre III, ch. 26, t. l"' de ces Mémoires, p · texte numérisé non relu

V. livre III, ch. 26, t. l"' de ces Mémoires, p

gèrent ensemble et se régalèrent mutuellement. Le P.Bourgoing en eut un transport de joie extraordinaire et en écrivit une lettre circulaire à toutes les maisons de l'Oratoire, tant au dedans qu'au dehors du royaume.

Après leur avoir souhaité dans cette lettre la grâce de J.-G. pour jamais, il leur mandait qu'il avait cru leur devoir donner avis de ce qui s'était passé entre les révérends Pères Jésuites et eux, afin qu'en étant informés dans la sincérité ils coopérassent avec eux d'un même esprit et à une même fin ; que comme le démon semeur de zizanie avait tâché, sous prétexte de quelques sentiments différents de doctrine, de jeter la division et altérer en divers lieux la charité chrétienne qui devait abonder et régner en ceux qui sont appelés in una spe vocationisy Dieu, amateur de la paix, avait inspiré quelques enfants de paix, considérables par leur condition et leur piété, à moyenner une entrevue entre les dits Révérends Pères et eux ; ensuite de quoi ils s'étaient mutuellement visités et conviés à dîner à la communauté; que les Révérends Pères Annat, provincial, et Paulin, confesseur du roi, assistés de deux autres Pères, étant venus chez eux, et eux ayant été chez les Jésuites en pareil nombre, tout s'y était passé avec de grands et réciproques témoignages de charité. Que la première chose dont ils étaient convenus était de ne point décider des matières de doctrine controversées; mais attendre avec une soumission entière et filiale le jugement du Saint Siège, les jugements qui y étaient dévolus {sic)y et qu'il y avait des docteurs de part et d'autre présents à Rome pour enéclaircir les difficultés, les uns et les autres demeurant toujours cependant libres en leurs sentiments.

La seconde qu'ils fussent et demeurassent entre eux : cor unum et anima una en la charité de J.-C. Notre-Seigneur, priant les uns pour les autres.

La troisième, que le Révérend Père provincial écrirait aux maisons de sa province et aux Révérends Pères provinciaux des autres provinces, et aussi que lui, général de l'Oratoire, écrirait à toutes leurs maisons de France et d'ailleurs pour faire modérer la chaleur des esprits sur les questions contentieuses ; ne point condamner d'hérésie ni les personnes ni les opinions pour lesquelles on était devant le Saint Siège, auquel seul il appartenait de les décider, et non aux particuliers ; en attendre le jugement en paix pour le rece-

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