‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 276 sur 510 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

nal Mazarin, qui savait mieux qu'aucun autre la situation de cette affaire, de gagner M. de Sens et de le faire entrer dans cette uniformité. Car autrement toute cette grande entreprise qui avait fait tant d'éclat en serait demeurée là, et le bref contre M. de Sens, ne pouvant subsister selon les formes des jugements ecclésiastiques et les arrêtés de la dernière assemblée du clergé, serait tombé de lui-même, ce qui était la chose du monde qu'il craignait le plus, car il lui restait d'autres affaires à démêler avec le pape, contre lesquelles il lui était très difficile de n'employer que de simples remises et des paroles sans effet.

M. le cardinal Mazarin ne songeant donc plus qu'à faire réussir son dessein dans cette assemblée, ainsi qu'il l'avait concerté avec M. de Marca, il jugeait, après avoir gouverné tous les prélats, non seulement que le plus grand nombre lui était acquis, mais même que M. de Sens ne pourrait jamais ménager que cinq ou six voix de ses confrères. Ne voulant donc pas donner le temps à ces évêques dont il s'était assuré de ne rien ralentir de la chaleur qu'ils faisaient paraître pour le succès de cette entreprise, il ordonna aux agents généraux de faire l'indiction de cette assemblée, dont un évêque qui en faisait partie* dressa une relation exacte avec toute la fidélité qui lui fut possible, et on a jugé qu'il valait mjeux la faire entrer dans cette histoire en la manière qu'il l'écrivit en ce temps-là que de lui donner une autre forme.

Page 1