‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 277 sur 510 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Relation de ce qui se passa au Louvre en l'assemblée des évêques touchant le sens de la constitution d'Innocent X.

J^e 9 mars, les évêques qui é,taient à Paris se trouvèrent chez M. le cardinal Mazarin e^ son appartement aw Louyre, au nombre de quarante ou environ. M. l'abbé de Marmiesse, l'un des agents généraux du clergé de France et noipmé à l'évêché de Gonserans, prit la parole et dit que la CQ^stitu-

1. Il serait intéressant de pouvoir dire quel était l'évêque dont Ilermaut a ainsi transcrit la curieuse relation, mais le secret paraît avoir été bien gardé.

tion du pape ayant été publiée dans tous les diocèses de 4 France, et tous MM. les prélats ayant en cela témoigné beaucoup de respect à Sa Sainteté et de dévotion au Saint-Siège, il avait néanmoins paru que quelques docteurs particuliers avaient des sentiments différents sur l'intelligence de cette constitution, et qu'il semblait nécessaire, pour le bien et pour la paix de l'Église, qu'il y eût uniformité partout, et particulièrement en ce point où il s'agissait de l'obéissance que l'on doit à la définition du souverain pontife en matière de définition et de foi ; qu'à cet effet, il requérait qu'il plût à rassemblée de pourvoir aux moyens qu'elle trouverait à propos pour arriver à cette fin.

« M. le cardinal Mazarin, présidant à celte assemblée, dit qu'il croyait que, suivant les formes ordinaires, il était nécessaire de nommer des commissaires pour examiner ces moyens, et nomma d'abord huit commissaires : MM. de Tours, d'Embrun, de Rouen, de Toulouse, d'Autun, de Montauban^ de Rennes et de Chartres. Sur quoi M. l'archevêque de Sens prit la parole et dit qu'il priait Son Éminence de dire sur quoi les commissaires auraient à travailler, afin que chacun se préparât sur les matières qu'il aurait à examiner et pensât à ce qu'il avait à dire.

« M. le cardinal dit que les commissaires verraient la différence des mandements que quelques prélats avaient faits, afin de voir ce qu'il serait à propos de faire pour satisfaire Sa Sainteté. M. de Sens répliqua et dit que s'il s'agissait d'examiner les mandements, il suppliait la compagnie de trouver bon que cela se fît dans les formes ecclésiastiques ; qu'il serait toujours dans ladisposition de rendre le respect et toute la déférence possible au jugement delà compagnie ; mais que s'il s'agissait de condamner ou d'approuver ce que les évéques auraient fait en matière de religion, la chose était si importante qu'on ne pouvait trop y apporter de précaution. Que si on voulait examiner sa lettre pastorale, il désirait qu'on lui fit les objections sur les choses qu'on trouverait dignes ou de censure ou d'explication, afin qu'il pût faire connaître son véritable sens ; qu'au surplus, il estimait beaucoup les huit commissaires nommés par Son Eminence et les respectait comme de grands prélats ; qu'il y en avait néanmoins qui lui étaient suspects, et qu'il avait en main des actes pour justifier combien son soupçon était

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