LIVRE VIII
dait que la lettre que le Révérend Père général de l'Oratoire avait fait imprimer sur le sujet de leur entrevue l'obligeait à leur donner avis de ce qui s'y était passé. Qu'ils sauraient donc que des personnes de condition et de vertu, persuadées qu'il était important pour l'édification du public que la congrégation des Révérends Pères de l'Oratoire et la compagnie des Jésuites parussent bien unies dans la même conspiration à la gloire de Dieu et au bien des âmes, le firent avertir que quelques-uns de ces Pères le voulaient venir trouver pour cet effet. Et que, comme il ne reconnaissait ni en lui ni aux autres de sa compagnie aucune sorte d'aigreur et de mauvaise affection à leur égard, il fut très aise de cette proposition et se disposa à les aller voir sans attendre qu'ils vinssent à lui les premiers. Que néanmoins il fut prévenu par le Révérend Père Senault, supérieur de leur maison, qui l'étant venu visiter au collège de Glermont, lui fît des ouvertures conformes à l'opinion qu'on avait de sa vertu et de sa prudence, et au dessein de ceux qui avaient commencé cette affaire; qu'il tâcha de l'assurer de son côté de toute la correspondance qu'il pouvait désirer à une si bonne volonté. Mais que, comme il y avait sujet d'appréhender que la diversité des opinions sur les questions du temps ne fît naître quelque difficulté qui empêchât une parfaite union, il lui dit que ces controverses étant maintenant examinées à Rome, il suffisait que chaque partie demeurât dans la préparation* d'acquiescer k ce qui serait défini par le Saint Siège.
Qu'à cela lui, P. Annat avait répliqué qu'il y avait des choses qui étaient déjà suffisamment définies: qu'on ne pouvait révoquer en doute la bulle d'Urbain Vlll, ni par conséquent ce qu'elle déclarait en termes exprès ; que le livre de Jansénius intitulé : Augustinus renouvelait avec mépris du Saint Siège et scandale de toute l'Église une doctrine déjà condamnée ; qu'on ne pouvait non plus nier que toutes les propositions de Baius contenues dans la bulle de Pie V et Grégoire Xlll ne fussent défendues; que le même* se devait dire avec plus de raison de ce qui était contenu au concile de Trente ; que les controverses avec les thomistes étaient
1. [Sic). Le P. Aanat veut dire qu'on doit se tenir prêt, être préparé à acquiescer.