CHAPITRE XXI
Le Père de Bélesbat*, chanoiae régulier, prieur de Châtilloo, accusé injustement par les Jésuites, est soutenu par M. de Langres. Thèse défendue à Reims dans l'abbaye de Saint-Denis donne occasion à une contestation nouvelle.
Ce qui se passait dans l'assemblée du Louvre inspirait une si grande fierté aux Jésuites et à tous leurs partisans qu'il semblait qu'il ne fût plus permis d'avoir du respect pour la doctrine de saint Augustin. Le Père Bélesbat, de l'ordre des chanoines réguliers, prieur de l'abbaye de Châtillon en Bourgogne, au diocèse de Langres, ressentit des effets de leur violence sans y avoir donné aucun sujet. Le magistrat de la ville ne pouvant souffrir qu'il établît la pureté de la morale chrétienne par ses exhortations, entreprit de le pousser comme un ennemi du repos public et un prédicateur d'erreur et de mensonges qui séduisait les sujets du roi. Tout laïque qu'il était, il fit ce qu'il put pour lui étouffer la voix. Mais ce religieux s'étant adressé à M. l'évéque de Langres pour lui donner avis de cet attentat commis contre l'autorité de l'Église, ce prélat, après s'être informé de tout ce qui s'élait passé, lui donna par écrit une approbation authentique signée de sa main, afin que tous ceux de la ville de Châtillon ne fussent pas susceptibles des mauvaises impressions qu'on tâchait de leur donner contre un religieux de vie exemplaire, qui n'avait pas d'autres sentiments que ceux de l'Église.
Cet acte, daté du 7 de ce mois, portait que sur ce qui lui avait été remontré de la part du Révérend Père Louis de Paris, prieur claustral des religieux réformés de l'abbaye de Notre-Dame de Châtillon, ordre des chanoines réguliers de saint Augustin en son diocèse, que certaines personnes lui avaient faussement imposé qu'il publiait dans ses prédications et dans ses conversations familières plusieurs maximes suspectes d'hérésie, et particulièrement, prêchant dans l'église de Sainte-Ursule du dit Châtillon, et dans l'église paroissiale * de Mussy, où depuis quelque temps lui
1. Le religieux dont-il s'agit est appelé au manuscrit tantôt de Paris et tantôt Bélesbat. — V. Tallemant des Réaux (V, 384), au sujet des Bélesbat.