‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 297 sur 510 · Ms. parochiale · texte numérisé non relu

Ms. parochiale

454 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

évêque avait fait sa résidence, et où il avait appelé le dit Père pour prêcher l'avent précédent, il le suppliait de lui donner une attestation de sa doctrine et de ses mœurs; à quoi inclinant, il déclarait par les présentes avoir connu le dit Père [dej Paris, et [avoir vécu] en sa fréquentation depuis qu'il était établi en la charge de prieur de la dite abbaye de Notre-Dame de Châtillon, et l'avoir particulièrement entretenu sur diverses questions de théologie, même sur celles du temps touchant la grâce de J.-C, sur toutes lesquelles il n'avait reconnu au dit Père que des sentiments très catholiques et conformes en tout à la doctrine du grand saint Augustin, et des sentiments accompagnés d'une vraie piété et d'une conduite exemplaire, telle qu'elle doit être en une personne de sa profession. En témoignage de quoi il avait signé cette déclaration, et fait contresigner par son secrétaire ordinaire le septième de mars.

Mais comme l'accusation qu'on avait intentée contre ce Père regardait aussi l'état politique, M. de Langres écrivit en sa faveur à M. le duc d'Epernon*, alors gouverneur de la province, une lettre dans laquelle il lui parlait très avantageusement de la doctrine de saint Augustin et de ce religieux, marquant que le maire de la ville, qui s'était déclaré contre lui avec tant de passion et de zèle pour le parti, avait fait ses études aux Jésuites et en avait porté l'habit.

Ce ne fut point là la seule [contestation] que les chanoines réguliers eurent à démêler avec eux en ce temps. Au mois d'août de l'année précédente, un de leurs religieux, étudiant en philosophie, avait soutenu dans l'abbaye de Saint-Denis de Reims une thèse dans laquelle il parlait de la nécessité et de la liberté en la manière que les thomistes et les disciples de saint Augustin en parlent, selon leurs principes. Les Jésuites et leurs partisans accusèrent cette thèse comme étant contraire à la constitution, et portèrent en même temps leur accusation devant le magistrat politique, devant l'official de Reims, et devant la faculté de théologie de la môme ville. Ce fut là principalement où les Jésuites portèrent le fort de leur accusation. Mais quoique deux docteurs

i. Bernard de Nogaret de la Valette, duc d'Epernon (1592-1661) fils du célèbre duc de ce nom, fat gouverneur de la Bourgogne de 1654 à

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