‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 321 sur 510 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

nous estimions* que dans une affaire de cette nature, qui formait plusieurs différents partiS;, il n'était pas à propos de rien prononcer qu'après un sérieux examen, et qu'il fallait attendre que Sa Sainteté s'en expliquât ellemême par une nouvelle constitution, pour déclarer quel est ce nouveau sens de Jansénius; vu principalement que cet auteur fait profession de s'attacher en toutes choses à saint Augustin, et qu'ils croyaient qu'il n'y avait nulle différence entre les dogmes de la foi et les principes très certains de ce saint et incomparable docteur de l'Église lorsqu'il s'agit du mystère de la grâce de J.-C, de celui du libre arbitre et de celui de la prédestination éternelle ; qu'un nombre innombrable de conciles et de souverains pontifes publiaient à haute voix cette vérité, qui était la chose du monde la plus certaine et la plus assurée dans l'Église ; qu'ils n'avaient donc point entrepris la défense de Jansénius qu'autant qu'il serait conforme à saint Augustin, dont ils avaient déclaré que la doctrine était tout à fait conforme à celle de l'Église; mais que si cela était ou n'était pas, ils ne devaient point en rien définir avec précipitation ; que dans cette incertitude et cette agitation d'esprit qui leur faisait craindre, d'une part que s'ils s'éloignaient du sentiment d'un très grand nombre de leurs frères pour lesquels ils n'avaient que beaucoup de respect et d'amitié, leur étant unis par le lien très étroit d'une même dignité et de la charité chrétienne, leur conduite ne passât pour une espèce d'opiniâtreté ; et que d'un autre côté l'amour de la vérité et la nécessité d'établir la grâce qui est le prix du ,sang de J.-C. * ; comme ils prévoyaient que des théologiens ennemis de [la] discipline, qui se persuadaient néanmoins d'être quelque chose, abuseraient pour combattre l'une et l'autre de ces deux choses du décret que de très saints prélats publiaient pour rétablir la paix de l'Église, pour délivrer les consciences de toutes sortes de scrupules, ils avaient souscrit la lettre de leurs confrères, selon l'usage des assemblées ecclésiastiques, afin de ne pas rompre la communion de la paix ; mais en même temps ils avaient témoi-

1. 11 paraît évident qu'Hermant copiant le texte même de la lettre des quatre prélats, a oablié ici qu'il la transcrivait au style indirect.

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