CHAPITRE XXXI
État des constestations [du] chapitre de Beauvais. L'état où étaient alors les affaires de l'Église dans la Flandre.
Le résultat de l'assemblée du Louvre enflant le cœur de 1. Horace, Odes^ 1, 35.
ceux des chanoines de Beauvais qui étaient animés contre leur évêque, ils lui firent signifier avec chaleur, le 12 du mois d'avril^ un rescrit qu'ils avaient obtenu de Rome pour connaître du différend de leurs mandements, et lui déclarer que des trois officiaux voisins qui y étaient nommés, ils choisissaient celui de Boulogne.
Le sieur Godefroy, chanoine de cette cathédrale, continuait encore en ce temps-là à paraître affectionné pour les intérêts de son évêque. M. Chaillou, qui était alors à Beauvais, (ce qui lui était assez extraordinaire), lui en fit porter la peine dans une assemblée capitulaire qui se tint alors sur le sujet de ces différends; car l'ayant voulu empêcher d'assister à cette délibération et sommé plusieurs fois par son promoteur de se retirer, et ce chanoine persistant à soutenir qu'il avait autant de droit qu'aucun autre d'être présenta une assemblée dans laquelle il s'agissait des droits de la compagnie, le sieur Godefroy fut enfin contraint de sortir pour prévenir la violence des chantres, que le doyen avait fait venir afin de l'enlever de force hors du lieu capitulaire.
Cependant on mandait de Flandre qu'en ce pays-là les disciples de Molina, à l'exemple de ceux de France qui avaient poussé les évêques à expliquer la constitution du pape touchant la doctrine et le sens de Jansénius, faisaient toutes sortes d'efforts pour l'obtenir des autres évêques en particulier, et de la Faculté de Louvain, par le crédit de M. l'internonce et de tous ceux qui avaient union avec lui ; mais qu'il n'y avait point d'apparence qu'ils en vinssent jamais à bout. Que M. l'archevêque de Malines rejetait toujours avec une vigueur et une fermeté incroyables le projet de cet internonce, sans se mettre en peine de l'événement ; qu'il se vérifiait tous les jours que les Jésuites avaient distribué VAlmanach de la déroute et de la confusion des jansénistes, et qu'ils le distribuaient encore, s'en étant garnis. Que le doyen de l'église collégiale de Lille ayant fait appeler un libraire qui le débitait dans sa boutique par devant le procureur fiscal de la ville pour répondre d'un fait si scandaleux et pour lui représenter cette abominable image, ce libraire avait répondu qu'il n'en avait plus, et que les Jésuites étant venus chez lui les lui avaient tous emportés. Que sur cette déclaration, ces Pères ayant été cités et