‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 34 sur 510 · LIVRE vm · texte numérisé non relu

LIVRE vm

rentes, car Taprès-dîner de ce même jour samedi l^p mars deux conseillers ou autres officiers de justice allèrent euxmêmes chez Targa, imprimeur de l'archevêché de Paris, se disant envoyés de la part du roi, et ayant usé d'abord de toute la subtilité possible avant que de déclarerquiilsétaient, ils firent tous leurs efforts pour surprendre les censures imprimées et pour les enlever toutes; mais ils ne les purent trouver, parce que M. l'official avait envoyé charger l'imprimeur de tenir tout dans le secret et de n'en rien déclarer à qui que ce fût, quand même on viendrait de la part du roi. Il avait même donné ordre d'en faire faire promptement la distribution par les paroisses.

D'un autre côté M. le garde des sceaux ayant rapporté au Conseil ce qu'il avait appris de M. l'official et qu'il avait lui-même lu, et après avoir entièrement désabusé la cour des artifices et des fourberies de ces bons religieux, on loua la procédure de M. l'archevêque, et le sieur de Saintot reçut ordre de l'aller trouver, ou M. son officiai, pour lui témoigner la satisfaction que Sa Majesté en avait. L'indisposition de ce prélat l'empêcha de recevoir cette marque d'estime, et M. de Saintot alla exécuter ses ordres chez M. TofficiaU.

La conduite de M. Grandin fut indirectement condamnée par cette censure; M. de Paris fit voir que l'on pouvait sans pécher contre l'État résister à des ordres qui n'avaient été donnés que par surprise et dont M. de Saintot avait été le porteur; mais ce syndic ne s'en était servi que comme d'une excuse et d'un prétexte, et il les avait peut-être sollicités lui-même pour n'être point obligé de voir condamner sa propre doctrine par la censure de celle de ce feuillant.

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