‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 35 sur 510 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Divers écrits publiés de part et d'autre pendant les premiers mois de cette année.

Le 8^ jour de mars de cette année 1653,... * ayant accusé

1. On peut lire ici au ms., p. 365-368, la censure de Tarchevêque de Paris, datée du 1^' février 1653 ; elle est imprimée. Hermant, comme toujours, la transcrit au style indirect.

2. Ici le ms. et la copie laissent en blanc le nom de l'accusateur ; peut-être serait-ce un nommé Boulay dont il sera question dans la

faussement dans le présidial de Caen le P. Thomas de Folleville, prêtre de l'Oratoire et professeur en théologie, de soutenir que J,-C. n'était pas mort pour tous les hommes, les juges de ce présidial le condamnèrent tout d'une voix à réparer son honneur par une satisfaction publique, en présence de tout le monde, pour réparer l'honneur qu'il lui avait ôté par une si noire calomnie.

On imprima vers ce temps-là à Paris un écrit latin qui avait pour titre : Doctrina Moiinistarum circa gratiam suffîcientem, où l'on montrait que cette doctrine de la grâce suffisante soumise au libre arbitre et non moins nécessaire pour que les hommes pèchent d'une manière que leurs péchés leur puissent être imputés et qu'ils puissent être imputés de Dieu que pour faire de bonnes œuvres et être sauvés, ruinait les principaux fondements de la foi et de la piété chrétienne.

On faisait voir : 1" que cette doctrine anéantissait le scandale de la Croix, qu'elle détruisait la nécessité de la mort de J.-C. et introduisait des sentiments impies touchant J.-G. même.

2" Qu'elle ruinait entièrement le nom de J.-C. en retenant inutilement le nom de grâce.

3» Qu'elle égalait avec impiété l'ancienne loi à la nouvelle, et détruisait ouvertement la distinction que saint Paul a pris tant de soin d'établir entre ces deux lois.

4° Que par cette doctrine on renverse tous les fondements de l'humilité, de la confiance en Dieu et de la reconnaissance pour ses bienfaits.

5" Que par cette doctrine on donne occasion aux pécheurs de différer leur pénitence de jour en jour^ et qu'on éteint dans leurs âmes presque toute sorte de crainte des jugements de Dieu.

6° Que par cette doctrine on ouvre une grande porte aux hommes les plus criminels d'excuser les plus grands crimes devant Dieu, et de se déclarer d'autant plus exempts de péché qu'ils s'y sont portés avec plus de dérèglement, d'aveuglement, et de passion violente.

7° Que cette doctrine n'épargne pas même Dieu en consulte de ces Mémoires (livre X, ch. xviii). La fin de la phrase n'est pas d'une clarté suffisante, mais le ms. et la copie sont d'accord pour la rédaction.

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