LIVRE XII
lien% et à tous les autres disciples de saint Augustin de n'aimer pas la vérité pour elle-même, mais par un excès d'attache qu'ils avaient à ce saint Père de l'Église et au pape leur tiendra lieu d'une éternelle apologie; et ceux qui sauront que M. de Montaubanjl'undescommissairesdel'assembléedu Louvre, a fait distribuer lui-même dans sa ville de Montauban plusieurs exemplaires de ce livre de la Défense de la piété et de la foi, composé par le sieur de Saint-Julien, afin de préparer du contre-poison à ceux que Labadie y avait pu infecter en qualité de ministre depuis son apostasie, n'auront pas de peine à pénétrer dans les motifs que les Jésuites ont eus de ne pas déférer au tribunal de l'Inquisition cet ouvrage, qui jusqu'ici est demeuré sans réplique, puisqu'ils ne le pouvaient faire sans se couvrir eux-mêmes de confusion.
XIII. — On remarquait qu'ils avaient encore mis dans ce catalogue la Prière pour demander à Dieu la grâce d'une véritable et parfaite conversion^ quoiqu'elle ne regardât en rien ni les cinq propositions, ni le livre de Jansénius, et qu'elle fût tellement orthodoxe qu'elle avait été paraphrasée en langue espagnole et publiée à Madrid par l'illustre dom Palafox, évêque d'Angélopolis, avec une approbation générale de toutes les personnes de piété, et sans que les Jésuites eussent osé la contredire, quoiqu'ils ne pussent voir sans un extrême dépit qu'elle obscurcît les autres prières qu'ils mettaient tous les jours entre les mains de leurs dévots et de leurs dévotes. Et c'était ce qui les avait obligés, en la déférant à l'Inquisition, de ne pas mettre ces mots : « en quelque langue et de quelque édition qu'elîe ait été publiée, » comme ils avaient fait à Tégard de quelques autres.
XIV. — Que les Jésuites, en faisant mettre dans cette liste la Réponse à un sermon prononcé par le Père Brisacier, jésuite à Blois, avaient encore déclaré par cette conduite qu'ils étaient les parties secrètes de ce décret, parce que si aucun ouvrage avait dû être mis in indice, c'était cet infâme écrit qui avait été censuré par M. de Paris en l'année
nistère à Saumur, puis à Charenton. Ses ouvrages, très admirés des protestants, sont regardés par les catholiques comme dignes de l'attention des controversistes.