‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 342 sur 510 · C'est Hermant lui-même qui a écrit sous ce pseudonyme · texte numérisé non relu

C'est Hermant lui-même qui a écrit sous ce pseudonyme

1651, et non cette réponse, qui ne contenait rien qui pût blesser ni le pape ni sa cour.

XV. — Que l'écrit de la distinction des sens y avait été mis parla même passion, contre la déclaration expresse que le pape avait faite aux députés pour la cause de saint Augustin en présence de M. l'ambassadeur, que dans la censure des cinq propositions il avait suivi la condamnation qu'ils en avaient faite eux-mêmes, ce qui avait un rapport essentiel avec cet écrit.

XVI. — Que ces mêmes Pères, ne sachant comment se mettre à couvert des fameuses congrégations De Auxiliis, de l'histoire de Pégna et des Mémoires des Actes que le Père Thomas de Lemos avait recueillis en un volume dont on avait l'original et des copies coUationnées, n'avaient point trouvé de remède plus propre à ce mal que de les insérer dans ce décret. Mais qu'ils devaient considérer qu'une congrégation semblable à celle de l'Inquisition ne pouvait déroger à ce qui avait été arrêté en tant de célèbres congrégations tenues en présence et par l'autorité de deux grands papes, ni [rien] prescrire contre des actes dont quelquesuns sont signés de leur propre main, ni contre des histoires composées par des hommes très sincères et très éclairés qui avaient eu part à tout ce qui s'y était passé.

XVII. — Que ces Pères et les officiers de cette congrégation, leurs bons amis, n'avaient pas pris garde en faisant l'exception de ces Actes et de cette Histoire en la manière qu'elle est couchée dans ce décret après les livres défendus, qu'ils en confirmaient la vérité et déclaraient qu'il n'y avait rien à redire à cette même congrégation que l'on s'en servît et qu'on les rendit publics, puisque, s'il y avait eu quelque chose de contraire à la vérité, ils n'auraient pas manqué d'en grossir le catalogue des livres censurés et de les proscrire, Qu'ainsi cette note retombait sur eux, puisqu'après ce décret, la vérité de ces Actes, de ces Mémoires et de cette Histoire était incontestable, et que l'on pouvait sans crainte de se tromper s'en servir à l'avenir ; ce qui était la chose du monde que les Jésuites appréhendaient le plus.

XVIII. — Que plusieurs personnes s'étaient étonnées pourquoi les Jésuites avaient épargné les livres composés par M. l'abbé de Bourzeis, contre lesquels ils s'étaient euxmêmes élevés avec tant d'animosité et de chaleur; et comme

^Bquelques-uns avaient pris la liberté d'en parler d'une ma- ^f nière agréable en présence du cardinal Mazarin, le congratulant de cette exception, et du respect que la congrégation de l'Inquisition avait eu pour Son Éminence et pour ceux qu'il honorait de sa bienveillance et de sa protection, ce cardinal avait reçu avec joie et satisfaction l'applaudissement qu'ils lui en donnaient ; et qu'enfin la chose étant poussée en riant pour savoir ce qui s'était passé dans le secret dont il avait connaissance, il leur avait répondu : « Qu'il était bon d'avoir de bons amis en tous pays, et particulièrement en celui-là; et qu'il n'avait eu garde de laisser flétrir les livres de cet abbé, étant son ami au point qu'il l'était. »

XIX. — Qu'enfin il fallait conclure de toutes ces considérations que ce décret n'était en effet que la production d'une passion secrète et d'une cabale toute visible, et une suite de tout ce qui s'était passé dans cette assemblée des évéques tenue au Louvre ; que celte affaire ne s'était pas faite sans la participation de ceux qui avaient en main toute l'autorité de la France, et qu'ainsi il n'en fallait pas faire plus d'estime que les Jésuites [ne] faisaient de tous les décrets qui étaient contre eux, et qu'on devait les regarder comme des prétentions qui ne s'accordaient nullement avec les libertés de l'église gallicane.

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