LIVRE XII
ceux qui doivent être le sel et la lumière du monde. Ces murmures furent soutenus par les plaintes de ceux qui se plaignaient de la fermeté avec laquelle le même M. d'Angers avait poursuivi au Parlement de Paris tous ceux de son diocèse qui avaient des bénéfices incompatibles avec des cures, et qui se dispensaient eux-mêmes des lois les plus rigoureuses de la résidence en se contentant de faire desservir ces cures par des vicaires qui leur rendaient un compte exact de l'administration du revenu temporel. Jusqu'à son épiscopat, ses prédécesseurs avaient négligé depuis longtemps de remédier à ce désordre qui était en même temps la perte et la ruine des âmes et la dissipation du patrimoine de.J.-G. ; et ils croyaient décharger assez leur conscience devant Dieu lorsqu'ils avaient déploré leur malheur et celui de leurs églises, sans se mettre en peine d'arrêter le cours de cette injustice. M. d'Angers fut celui qui, en ayant mieux pénétré les funestes conséquences, entreprit tout de bon cette affaire après avoir tenté inutilement les voies de la douceur; et l'ayant portée au Parlement de Paris, il l'y soutint avec une patience et une fermeté qui fut louée de tous les gens de bien et suivie d'un arrêt conforme à ses conclusions. Ceux qui furent exclus de la possession de ces cures, comme de bénéfices incompatibles avec ceux qu'ils possédaient déjà, se plaignirent de la dureté de leur évêque, traitèrent son zèle de jansénisme,et joignant leurs murmures à ceux de ces religieux, accusèrent son règlement de tous les défauts que l'on peut imaginer. Mais ce sage prélat, s'élevant au-dessus de la médisance, tâcha de'gagner les uns et les autres par sa modération, et n'opposa que sa patience à toutes leurs invectives.