‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 400 sur 510 · Le cardinal Astalli-Pamphili · texte numérisé non relu

Le cardinal Astalli-Pamphili

lion des politiques et l'inquiétude [de ceux] qui espéraient ou qui craignaient un nouveau gouvernement.

On sait de quelle manière ces choses se passent dans Rome à la mort des souverains pontifes, et particulièrement de ceux qui laissent à leur famille une aussi agréable' succession qu'était la dépouille d'Innocent X, ou qui n'ont pas pris plus de soin que lui de gagner le cœur et l'inclination du peuple. Ce ne sont pas seulement les cardinaux et les princes d'Italie qui mettent leur intérêt à avoir un pape de leurs parents ou de leurs amis, mais les particuliers mêmes qui ne tiennent aucun rang ni par leurs charges ni par leur naissance ne laissent pas de prendre parti dans une affaire de cette importance, ou par préjugé ou par inclination. Et qui, voyant le siège de saint Pierre sur le point d'être rempli par quelque cardinal, n'en souhaite l'un plutôt que l'autre? 11 n'y a si chétif bourgeois dans toute la ville de Rome qui ne fasse quelque souhait pour quelqu'un et qui ne contribue [de] quelque chose de plus que des vœux pour entrer dans une intrigue du moins subalterne.

Parmi tant de différentes personnes qui appliquaient toutes leurs pensées et tous leurs soins à. cette affaire décisive, les parents du pape mort y prenaient le principal intérêt^ par la considération du besoin qu'ils avaient d'un protecteur pour se maintenir dans les avantages qu'ils avaient reçus. Ils craignaient que, s'ils avaient un nouveau pape déclaré contre eux, il n'enrichit ses neveux de leurs dépouilles, et ne les immolât à la grandeur de sa famille comme les premières victimes d'un changement de gouvernement. Ils savaient combien ils étaient haïs généralement de tout le peuple, abattu d'impositions et de gabelles, et fatigué d'un si long pontificat, et pas un d'entre eux ne se croyait à couvert de la fureur d'une populace si justement irritée.

Ce fut dans cette pensée que pour se faire un puissant protecteur, ils se joignirent aux intérêts de la maison d'Autriche en voulant unir à cette couronne toutes les créatures du défunt pape. Mais ce moyen, qui leur était fort avantageux dans leur idée, paraissait bien difficile en exécution. Il est vrai que les cardinaux espagnols étaient en grand nombre, et qu'il y en avait plus de vingt-cinq quasi ouvertement dé-

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