‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 402 sur 510 · Ms. faction · texte numérisé non relu

Ms. faction

succès de cette couronne reconnaissaient de bonne foi que jusqu'alors il était très difficile que la faction française le pût emporter, et gue si la désunion n'était grande parmi les Espagnols, elle se trouverait réduite comme dans le conclave précédent à vouloir ce que les autres voudraient, si sa brigue se trouvait la plus faible. Entre les sujets papables, il y en avait deux que la France souhaitait, et trois qui ne lui étaient point agréables. Sachetti * était celui qu'elle désirait le plus pour deux raisons : la première, parce que dans l'autre conclave il était le seul qui avait voulu avec obstination'; et la seconde parce que dans le même conclave, ayant eu Texclusion d'Espagne, il y avait apparence que s'il devenait pape, il se souvînt que la France l'avait souhaité avec tant d'ardeur onze ans auparavant. On se promettait beaucoup de choses de ce bon et vénérable vieillard, qui avait la mine du monde la plus douce et l'humeur la plus complaisante, et ne pouvait point avoir d'autres ennemis que les Espagnols; encore n'étaiton point assuré qu'ils se déclarassent une seconde fois contre lui.

Maculano ou Fiorenzola, cardinal du titre de Saint-Clément, âgé de soixante-dix-sept ans, avait acquis la réputation d'un homme très intelligent, hardi et entreprenant, mais affectionné à l'Espagne, et ceux mêmes qui n'avaient pas d'inclination pour lui avouaient que ce serait un très grand pape pour l'Église, si la brouillerie du conclave était si grande, que ne pouvant s'accommoder pour l'élection, on jetât les yeux sur lui.

Spada, qui y prétendait aussi, s'était fait connaître en France par sa nonciature. Il était alors âgé de soixantequatre ans, passait pour homme d'esprit et de savoir; mais le grand nombre de ses neveux qui étaient gens de mérite faisait craindre qu'ils n'épuisassent en peu de temps tout le patrimoine de Saint-Pierre.

On parlait fort de Capponi, homme de mérite et affectionné à la France, et on se persuadait qu'il lui serait avantageux d'être tombé dans la disgrâce du défunt pape. Car il n'y avait presque point de cardinaux qui n'eussent la

1. Jules Sachetti (1587-1663) évêque de Gravina en 1623, cardinal ea

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