‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 412 sur 510 · Ms. : à empêcher^ lapsus évident · texte numérisé non relu

Ms. : à empêcher^ lapsus évident

souffrant ainsi il est martyr, parce qu'il souffre pour la justice qui est J.-C. selon saint Augustin.

La deuxième que le pasteurest obligé de perdre la vie pour ses ouailles, et qu'en la perdant pour elles, il est martyr.

La troisième, que nos frères souffrent persécution, sont chassés et excommuniés, mais qu'en souffrant pour ne pas faire de schisme dans TÉglise, ils sont martyrs.

Ceux qui avaient fait l'extrait prétendaient que la première proposition était contre la cour, parce qu'elle avait rapport à M. Duhamel chassé et exilé. Que la deuxième regardait encore le même M. Duhamel et qu'on voulait parla le faire passer pour martyr à cause de son exil.

M. Sarrazin en mandant cette nouvelle à M. Bachelier son ami, docteur de la Société de Sorbonne et archidiacre de Soissons*, reconnaissait avoir avancé ces deux propositions. Mais pour faire voir que c'était sans aucune vue de la cour et de la conjoncture présente, il avait fait remarquer que ce sermondu jourde saint Etienne qu'il avait fait, à Saint-Merry, était celui-là même qu'il avait fait à Chartres en 1653, et qu'en ce temps-là, il ne pensait ni à la cour, ni à M. Duhamel, ni encore moins à prêcher à Saint-Merry.

La troisième proposition était encore en substance du même sermon, et on prétendait que par là il avait voulu favoriser ceux qu'on appelait jansénistes. Mais il soutenait qu'il n'avait jamais dit, « nos frères sont persécutés », comme on le lui attribuait pour le rendre odieux à la cour, mais seulement qu'il avait rapporté les propres termes de ce que dit saint Augustin dans le livre de la Vraie religion^ chapitre Vil : « Qu'il arrive quelquefois certaines tempêtes dans l'Eglise, qui font que les fidèles chassent et excommunient d'autres fidèles qui, souffrant patiemment ces contradictions sans faire schisme et division dans l'Eglise, sont martyrs et couronnés en secret par le Père qui les voit en secret. » Il avait prêché la même chose à Chartres dans le sermon de saint Laurent, sans avoir aucun dessein de cho* quer la cour, ni directement, ni indirectement.

M. Amyot voulait aussi persuader aux puissances qu'il l'avait eu en vue dans deux autres propositions ; la première qu'il faut chasser de l'Église les interprètes lâches de

1. Lettre de M. Sarrazin à M. Bachelier, docteur de Sorbonne.

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