‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 418 sur 510 · LIVRE XTII fi^g · texte numérisé non relu

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cours de cette grâce. Que néanmoins elle pourrait sans la grâce accomplir quelques préceptes de la loi de nature quant à la substance, mais non pas tous, ni n'en pourrait accomplir aucun, quant à la substance et à la manière tout ensemble. Qu'encore que l'on soutint que toute grâce appropriée à cet état fût efficace, on ne détruisait pas pourtant pour cela le libre arbitre, mais on l'établissait, parce qu'avec elle il devenait libre pour faire le bien qu'il ne ferait jamais sans elle.

Dans la troisième conclusion, on concluait que c'était abuser de la dernière constitution que de prétendre que par la condamnation de cette cinquième proposition : c'est une erreur semi-pélagienne de dire que J.-C. soit mort et ait répandu son sang pour tous les hommes généralernent, le pape a établi cette fameuse définition de la grâce en efficace et purement suffisante, parce qu'on soutenait qu'il n'y en avait pas qui fût purement suffisante, et on soutenait que cette doctrine n'était pas conforme aux principes de saint Augustin.

M. Van Werm fit envoyer à Paris par un. de ses amis l'explication qu'il avait donnée à M. l'internonce de ces trois conclusions dont on voulait lui faire un crime; il les expliqua chacune par le détail et dans la rigueur des termes. Il employait parmi ses preuves la justification de la censure de Louvain, l'autorité de saint Augustin, de saint Thomas, du pape Célestin et d'Etebride*, abbé de Rieval en Angleterre, et il apportait enfin trois fondements de ses thèses, d'où il en tirait la vérité par des conséquences incontestables.

L'état où la Faculté de Louvain se trouvait alors par le grand crédit des Jésuites, qui disposaient absolument de rinternonce et de l'archiduc, l'empêcha de prendre part en corps à une contestation qu'elle voyait lui être de la dernière importance pour la défense de la doctrine de saint Augustin. Elle ne craignait pas moins le bras séculier que le crédit de ses ennemis à Rome^ et elle laissait au soin des particuliers la sollicitation de cette affaire, dont le bon ou le mauvais succès était de la dernière conséquence pour la grâce de J.-C. La mort du pape et la vacance du Saint

\. Ms. Aebrède. H faut sans doute lire Aecbrède ou Ethehrède, qui est un auteur ecclésiastique anglais du xn« siècle.

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Siège interrompirent un peu cette procédure. Celui qui mandait cette nouvelle ajoutait ce qui se passait dans la ville de Liège entre les Jésuites d'une part et les Récollets de l'autre, sur le sujet de l'autorité de saint Augustin dont le Père Hauzeur', religieux de l'ordre de Saint-François, avait fait l'anatomie. Cette querelle avait déjà produit plusieurs écrits de part et d'autre; mais ils ne firent pas de fort grands effets.

Il apprenait aussi par la même lettre que M. l'archevêque de Malines avait défendu par un décret public les œuvres de Caramuel, et que l'on espérait que son zèle irait encore plus loin contre les autres auteurs de cette morale si relâchée et si corrompue qui trouvait tant de protecteurs dans le monde. Quoique cet auteur fût un abbé de l'ordre de Saint- Bernard, néanmoins il était trop uni aux Jésuites par la conformité des sentiments relâchés et par la hardiesse inouïe avec laquelle il défendait les plus grands crimes pour être abandonné en cette rencontre par ces défenseurs publics de tous les sentimonts corrompus dans la doctrine des mœurs. Jls crurent être indirectement condamnés en sa personne, et ne furent pas assez humbles pour se soumettre à ce décret, ni assez sages pour en profiter.

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