‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 428 sur 510 · LIVRE xiu · texte numérisé non relu

LIVRE xiu

ces lettres, il donna l'exclusion à Sachelti de la part du roi son maître, n'ayant, disait-il, différé jusqu'à ce temps-là à la donner que pour ruiner sa brigue en lui donnant le loisir d'épuiser inutilement toutes ses forces. Mais cette déclaration, qui devait détruire la faction de Sachetti, lui donna une nouvelle vigueur, et n'empêcha pas les cardinaux Borromée et Acquaviva d'être plus unis que jamais sur ce sujet à l'escadron volant.

On répandit en ce temps-là dans le conclave un écrit qui fut attribué au cardinal Albizzi ; mais [que] quelques-uns crurent être l'ouvrage de l'avocat Uni, dans lequel l'auteur prétendait prouver que nul prince séculier ne pouvait sans un très grand péché s'opposer à l'exaltalion d'aucuns cardinaux dans le conclave; que s'il l'entreprenait il s'engagerait à réparer en général et en particulier tous les dommages dont il serait la cause; et que tous les cardinaux qui, par la considération d'aucun roi ou potentat, ne nommeraient pas celui qu'ils jugeraient le plus digne pécheraient mortellement. Le bruit courut aussi, qu'il y avait un autre écrit, attribué au cardinal Lugo^ par lequel l'auteur tâchait de montrer que les cardinaux pouvaient avec justice élire un pape exclus par un roi auquel la plupart des catholiques rendaient obéissance. Mais ces écrits ne firent nulle impression sur l'esprit des cardinaux.

Le cardinal Trioulée étant tombé malade dans le conclave au commencement du carême, quoiqu'assez légèrement, il en sortit par le conseil de ses amis. Le cardinal Louis Caraffe, qui se croyait sujet papable, et qui [s'Jétant signalé dans la nonciature de .Cologne avait perdu sa réputation dans celle de Bologne, mourut quelque temps après et fut enterré au Giesu.

M. de Lyonne^ étant arrivé à Rome en ce temps-là en qualité d'ambassadeur, on présenta de sa part une lettre que le roi adressait au sacré collège, el dans laquelle il témoignait en termes éloquents* le désir qu'il avait de voir élever au pontificat un homme de courage et de mérite, et lui représentait les besoins pressants de l'Eglise, travaillée au dedans par les guerres que les cathohques se faisaient

1. Hugues de Lyonne (1611-16H), successivement ambassadeur à Rome, à Madrid et à Francfort, puis ministre d'État.

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