Ms. élégants
les uns aux autres, et au dehors par celle des hérétiques et des infidèles, ajoutant qu'il fallait élire un pape qui- fût éloigné de la corruption de la simonie, comme celui qui venait de mourir; ce qui déplut fort aux créatures d'Innocent X.
Sachetti avait toujours pour lui trente-trois suffrages ; mais les Espagnols, qui continuaient toujours dans leur opposition, persistaient aussi dans leur première aversion, et leurs billets portaient sans cesse nemi7n,de sorte que ce cardinal, voyant le peu d'espérance qui lui restait de faire réussir son entreprise, commença à jeter à la traverse quelques paroles en faveur du cardinal Chigi. Ce sujet était assez agréable à tous ceux de son parti, et l'escadron volant, n'ayant pas d'autre vue que l'exaltation d'un homme de bien, était fort persuadé de son mérite. 11 ne trouva pas la même disposition dans les cardinaux français, et le cardinal Grimaldi parla de cette affaire comme d'une chose dont l'exécution était difficile, parce que le cardinal Barberin ne voulait pas sortir de ses créatures, et surtout n'agréait point du tout Chigi. Cela fit craindre à Sachetti que les Français ne lui donnassent tout à fait l'exclusion, et pour l'empêcher il écrivit en sa faveur au cardinal Mazarin. Il lui manda que depuis qu'il était entré dans le conclave, ayant fait réflexion sur l'engagement qu'il avait de servir l'Eglise et sur l'obligation de garder religieusement le serment qu'il avait renouvelé deux fois chaque jour, il avait toujours eu en vue le cardinal Chigi; que tout le monde étant persuadé de son grand mérite et de sa rare vertu, il avait l'air favorable de tout le sacré collège. Qu'ayant parlé de lui à tous les cardinaux du parti de France, il y avait trouvé de la difficulté; que faisant réflexion sur ce que Son Éminence lui en avait écrit, il y avait sujet de croire que l'exclusion venait de ce côté là; que la servitude dont il faisait profession à l'égard du roi très chrétien et de Son Eminence lui donnait la confiance de dire que les soupçons que l'on fondait sur la conduite du cardinal Chigi ne pouvaient avoir aucun solide fondement, étant impossible qu'un homme d'une probité si extraordinaire eût d'autres intérêts que la félicité pubUque; qu'il assurait Son Éminence que ce cardinal avait de très bons sentiments de la France, et que si jamais il était exalté au pontificat, il ne ferait nulle distinction entre les affaires de