‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 43 sur 510 · Ms. : de se rendre · texte numérisé non relu

Ms. : de se rendre

68 MÉMOIRES DE GODEFROl IIERMANT

collèges s'ils n'en sont les maîtres, s'étant joints avec ceux qui étaient mécontents de ce refus, décrièrent M. Le Féron auprès de la reine et lui persuadèrent qu'il était janséniste. Ils tâchèrent de faire la même chose en le décriant auprès de M. le cardinal Mazarin. Mais comme il ne se déclarait point encore aussi ouvertement sur cette qualité qu'il a fait depuis, il demeura dans le silence, et témoigna être pour M. le duc d'Orléans, qui faisait solliciter cette affaire comme pour lui-même. La reine s'opposant formellement à ce choix pria M. le duc d'Orléans de présenter une autre personne qui ne fût pas suspecte de jansénisme, et elle recommanda à M. le cardinal Mazarin de tenir la main à ce qu'on n'expédiât point le brevet à aucun de ceux qui en étaient soupçonnés. M. le cardinal Mazarin, qui voulait encore garder quelques mesures avec les disciples de saint Augustin et ne les pas pousser à bout tout ouvertement, dit à M. de Chartres que c'était une chose assez fâcheuse que M. Le Féron fût soupçonné de jansénisme; mais cet évêque l'assurait que cette accusation n'avait aucun fondement. D'un autre côté M. l'abbé de Bourzeis, qui était en crédit auprès de M. le cardinal de Mazarin qu'il avait accompagné horsdu royaume, sollicitait ouvertement pour M. Le Féron, représentant à ce ministre que c'était une injustice bien grande de donner l'exclusion pour les bénéfices à des gens qui étaient très orthodoxes et très pieux, et dont la doctrine n'étant pas condamnée par rÉglise ne pouvait sans calomnie être taxée d'hérésie sur une chimère et sur le seul prétexte des erreurs qu'on leur attribuait faussement et qu'ils détestaient, et que ce qu'on disait de la bulle du pape était une invention de ceux qui voulaient perdre ces ecclésiastiques et les rendre inutiles à l'Église; qu'enfin il était de la justice de ne point déférer à toutes ces accusations, et de considérer la personne de M. Le Féron comme un homme très propre à tenir ce bénéfice et à s'en acquitter dignement. M. le duc d'Orléans lui faisait dire la même chose et parlait honorablement des disciples de saint Augustin, les traitait de catholiques, n'étant pas condamnés par l'Église.

M. le cardinal Mazarin, qui ne se mettait nullement en peine d'être uniforme dans sa conduite, et qui n'avait guère d'autres règles que son intérêt présent, entrait dans toutes les raisons de M. l'abbé de Bourzeis. Il y avait assez de

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