‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 434 sur 510 · Odoard ou Edouard Faraèze, duc de Parme · texte numérisé non relu

Odoard ou Edouard Faraèze, duc de Parme

654 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

ceux qui se portaient à l'exalter, il s'étudiait à faire en sorte que l'on crût que les obstacles de sa nomination venaient plutôt de tout autre que de lui.

Parmi ceux qui le souhaitaient pour pape, Grimaldi était le plus considérable parmi les Français, et Trivulce* entre les Espagnols; mais ce dernier était absent du conclave à cause de sa maladie, et en son absence Astalli, l'un des cardinaux de la faction espagnole, portait Saint Clément en toutes rencontres, et les cardinaux Sforze*et Savelli travaillaient sincèrement en sa faveur. Presque tout l'escadron volant lui était contraire, au moins les cardinaux génois, qui en faisaient une partie, ne formaient aucun obstacle à sa promotion, ne craignant rien pour leur république.

Les ennemis mêmes de Saint Clément étaient obligés de convenir que sa probité avait toujours été incorruptible; sa grande capacité était connue de tout le monde, et on ne pouvait lui reprocher le défaut d'expérience dans le maniement des affaires après tant de charges dont il avait fait la fonction dans son ordre avec beaucoup de suffisance et de réputation. Mais le cardinal Barberin lui était contraire par trois raisons principales : la première, que dans le conclave qui se tint après la mort d'Urbain Vlll, lui Barberin ne l'avait pas voulu pour pape qu'après plusieurs autres, à cause qu'il y était porté par le duc de Parme, dont il était né sujet et qui était l'ennemi des Barberins, de sorte qu'il craignait qu'il ne lui restât un secret ressentiment de cette exclusion dont il avait éprouvé les fâcheux effets pendant dix ans sous le pontificat d'Innocent X.

La seconde raison était les fortes instances que les Jésuites lui avaient faites de l'exclure. Car il n'ignorait nullement le besoin qu'il avait d'entretenir une bonne correspondance avec ces Pères, afin de pouvoir recouvrer par leur moyen les revenus qu'il avait dans le royaume de Naples, et s'en servir pour répandre ses libéralités sur les cardinaux de sa faction. Le grand crédit que les Jésuites avaient en Espagne

1. Théodore Trivulce (1597-1657) servit d'abord avec éclat dans les armées d'Espagne. Il entra ensuite dans les ordres et fat fait cardinal en 1629.

2. Frédéric Sforza (1603-1676), cardinal a la demande du roi d'Espagne en 1645, puis évêque de Rimiui, mourut cardinal protecteur d'Espagne.

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