‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 444 sur 510 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

puQis comme les hérétiques et leurs fauteurs. Vous en fûtes informé par notre lettre circulaire du 28 mars 1654, qui vous fut envoyée avec la copie de celle que l'on écrivit en même temps à notre saint Père. Sur le tout, Sa Sainteté, par son dernier bref du 29 septembre suivant, qui nous a été rendu par M. l'évéque de Lodève, fait connaître non seulement la satisfaction qu'elle avait de notre conduite, mais déclare même que nous sommes entièrement entrés dans son sentiment. Nous avons cru être obligés de vous l'envoyer avec la première bulle et la même lettre que les prélats qui se trouvèrent alors en cette ville ont écrite à Sa Sainteté, et tous les actes ci-dessus mentionnés, afin que voyant en même temps tout ce qui s'est passé en cette occasion, vous l'embrassiez avec le même zèle que vous avez déjà fait. Nous ne pouvons douter que vous n'apportiez tout ce qui dépendra de votre autorité pour établir une chose si importante au christianisme, et que vous ne travailliez de tout votre pouvoir pour arrêter le cours d'un des plus grands maux dont l'Eglise pouvait être affligée, en faisant recevoir et souscrire la constitution et le bref de Sa Sainteté du 29 septembre 1654 à tous les chapitres et toutes les communautés, tant séculières que régulières, exemptes et non exemptes, curés et recteurs d'Université, comme pareillement à ceux qui sont ou qui seront pourvus de bénéfices dans votre diocèse, et généralement à toutes les personnes qui sont sous votre charge, de quelque qualité et condition qu'ils soient, et ordonnant que la dite constitution et bref soient enregistrés au grefl'e de votre offîcialité pour y avoir recours quand besoin sera. Que si aucun^ après une décision si solennelle et si expresse persiste ou vient à tomber dans les sentiments de cette mauvaise doctrine, nous espérons que vous le remettrez bientôt dans son devoir en procédant contre lui par les voies canoniques. Et que de tout ce que dessus vous prendrez soin de nous informer, et d'adresser votre réponse aux agents généraux du clergé dans trois mois au plus tard. Par ce moyen, vous procurerez la gloire de Dieu, vous conserverez l'union inviolable qui doit être entre nous en chassant de l'Église l'erreur et le scandale; vous témoignerez votre respect vers le Saint-Siège, auquel nous avons toujours fait profession de nous soumettre, et nous obligerez en particulier à demeurer

MEMOIRES DE GODEFROl HERMANT

VOS très humbles et très affectionnés serviteurs et confrères. »

Cette lettre était signée de M. le cardinal Mazarini {sic), de M. Tarchevêque de Lyon, et des évéques de Mirepoix, de Dol, d'Auxerre, de Rennes, de Coutances, de Lodève, de Rodez, de Tarbes, du Mans, d'Olonne, d'Amiens, d'Avranches, de Périgueux, de Valence et de Die, et des deux agents généraux du clergé de France.

On voit par le procès-verbal de l'assemblée générale de ce clergé, tenue le 4 septembre 4656, qu'une partie des Parlements du royaume avaient fait enregistrer les lettres de déclaration du roi, pour tenir la main à l'exécution des choses portées par le bref d'Innocent X; et les auteurs de ce procès-verbal se promettaient que les autres Parlements se trouveraient dans la même disposition.

Néanmoins celui de Paris n'y était pas encore alors, soit que les raisons de M. Bignon eussent empêché ce premier sénat de France de recevoir un acte si contraire à ses usages, soit que d'autres affaires de grande importance qu'il avait à démêler avec la cour l'eussent détourné de cette pensée. Car le 11 du mois de mai, ce Parlement s'étant assemblé pour délibérer sur la vérification des édits , M. de Bellièvre, premier président, se retira dans un cabinet proche des greffes, et y étant, il envoya quérir MM. les députés des chambres pour leur remontrer que la compagnie allait attirer sur elle une tempête parce que le roi était dans la résolution de maintenir avec la dernière vigueur la défense qu'il avait faite d'assembler les chambres, et aux chambres de procurer l'assemblée. Il leur représenta qu'il était très important de laisser passer quelques jours, après lesquels il leur promettait d'assembler les chambres au premier jour après les fêtes. Ce magistrat avait un si grand crédit dans sa compagnie que l'assemblée se rompit sur sa parole dès que les députés des chambres eu eurent fait le rapport.

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