LIVRE XIII
cette promesse, et qu'étant obligé d'obéir aux ordres de sou prélat, il ne pourrait pas s'abstenir de répondre à tous ceux qui s'adresseraient à lui en qualité de grand-vicaire. Mais que depuis cette réponse ceux qu'il avait vus l'avaient traité fort froidement, et que M. le cardinal Mazarin lui avait fait dire que son indisposition l'empêchait de parler à lui.
Le mercredi 8, M. le procureur du roi du Châtelet alla au greffe des insinuations pour faire exécuter une sentence de M. DaubrayS lieutenant civil, par laquelle il était ordonné que la commission des grands-vicaires, qui était enregistrée, fût tirée du registre pour être lacérée par les mains de Texécuteur de la justice. Le greffier lui représenta que son greffe et son registre étant au public, il ne pouvait exécuter cette sentence. Et comme M. le procureur du roi lui répondit qu'il y serait contraint par corps, il lui répliqua qu'il pourrait faire par violence tout ce qu'il voudrait; mais qu'il prît garde qu'il y avait d'autres écrits au dos de la commission, et que ce serait commettre une injustice visible contre des particuliers qui avaient intérêt à la conservation de ces actes. M. le procureur du roi les ayant vus lui dit qu'il reviendrait seulement pour raturer cette commission, et que cela se ferait sans bruit et sans violence. Le greffier lui répartit que cette même rature ne servirait de rien, parce qu'il avait expédié des grosses de cette commission, qui d'ailleurs était assez notifiée à tout le monde par la publication de la lettre de M. le cardinal de Retz.
Le jeudi 8, M. le nonce déclara qu'il n'avait pu se charger des expédients de la cour touchant la nomination d'autres grands-vicaires qu'elle attendait du pape même par son propre choix, vu les [engajgements* où il se voyait par Tordre de Sa Sainteté de publier partout que Sa Sainteté ne voulait point que son jubilé fût publié par d'autres que parles archiprêtres de Paris que M. le cardinal de Retz avait nommés pour ses grands-vicaires, et que le pape s'était trop déclaré sur eux pour croire qu'il voulût changer de sentiment et de résolution. Le même M. le nonce déclara
1. François Dreux d'Aubray, lieutenant civil, beaa-frère de M. Ollier, curé de Saint-Sulpice, est le père de la trop fameuse Brinvilliers, on sait qu'il périt empoisonné par elle.