‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 458 sur 510 · LIVRE Xllï · texte numérisé non relu

LIVRE Xllï

rons de cette ville capitale pour le faire sortir malgré lui de sa retraite.

On le cria pour la dernière fois à son de trompe le 3 septembre, et le 7, le roi arriva à Paris sur les six heures du soir, à l'occasion de M. le duc de Mantoue qu'il y voulait voir *. Lorsqu'il passa dans la rue Saint-Denis, le peuple ne fît pas ses acclamations ordinaires de Vive le roi, et ne donna aucune marque de joie, ce qui fut remarqué par tous ceux qui ne devaient pas être indifférents pour cette froideur.

On crut que l'arrivée du roi ferait prononcer une sentence contre M. Ghassebras, contre lequel on était d'autant plus irrité qu'on l'accusait d'avoir voulu exciter une sédition dans Paris par la lettre qu'il avait écrite à MM. les curés, ses confrères, et par le mandement qu'il avait fait afficher avec une déclaration signée de sa main '. Et certes un homme de cœur tel que ce généreux curé de la Madeleine était une chose si rare dans un siècle où tout le monde se fait un mérite de la lâcheté, qu'il ne faut pas s'étonner de la persécution qu'il s'attira en résistant au torrent.

Cette contradiction si universelle qu'il éprouvait de toutes parts ne lui faisant rien relâcher de sa première vigueur, la nuit du 18 au 19 de septembre, on afficha aux portes des églises et aux carrefours des rues un mandement signé Ghassebras, par lequel ce grand-vicaire exhortait les peuples à faire des prières pour le diocèse dans le triste état où il était en conservant Tunion avec son archevêque, et pour les magistrats qui avaient commencé à faire des poursuites contre lui ; et il leur déclarait que s'ils ne les faisaient cesser, Userait contraint d'user de l'autorité que M. le cardinal de Retz lui avait confiée*.

Dès que ce mandement fut découvert, il fut arraché par les archers qui le portèrent à M." le lieutenant civil; et quoique toute la cour fût alarmée d'une conduite si hardie et qui avait si peu d'exemples dans ces derniers temps, M. Ghassebras demeurant toujours caché sans pouvoir être

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