‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 459 sur 510 · M s. En voici la teneur (1 page blanche · texte numérisé non relu

M s. En voici la teneur (1 page blanche

découvert, il ressentit une protection toute particulière de Dieu pour se garantir des violences dont il était menacé.

Le mercredi 22 du même mois, M. Fouquet, procureur général, présenta une requête au Parlement contre ce placard, remontrant qu'il avait été affiché pour exciter le peuple à sédition, et pour en avoir plus de connaissance, il concluait à ce qu'il fût permis au lieutenant-criminel d'en , informer. La cour ayant donné un arrêt conforme à ses conclusions, le lieutenant-criminel fit de tous côtés des recherches très exactes pour découvrir les auteurs de ces affiches. Cependant M. le lieutenant civil reprit les procédures qu'il avait commencées contre M. Chassebras, et fit venir des témoins pour les interroger de nouveau.

Cette monition- ayant été portée au roi avant qu'il partît pour La Fère, il la reçut avec assez d'indifférence. La reine au contraire, après l'avoir reçue en fut touchée, et dit qu'il en fallait avoir raison. Elle partit ce jour-là avec le roi pour Fontainebleau. M. le chancelier s'entretenant de cette pièce avec quelques-uns de ses amis, il dit qu'elle n'était point du curé de la Madeleine, dont il connaissait trop bien le style, et qu'il fallait qu'elle vint de Port- Royal, ce qui néanmoins n'avait nulle apparence de vérité. Mais le dessein que l'on avait de perdre ce monastère et toutes les personnes qui s'y étaient retirées portait ceux qui ne leur voulaient pas de bien à chercher toutes sortes de moyens et employer toutes sortes d'armes pour cet effet.

La conduite vigoureuse de M. Chassebras pour la défense de la hiérarchie embarrassait tout le monde, et les évêques qui en reconnaissaient la justice n'osaient y résister ouvertement, ni la traiter avec mépris. Ce fut ce qui obligea M. l'évêque de Montpellier d'aller à Pontoise pour sacrer M. de Lectoure, parce que d'une part il n'osait entreprendre de faire cette ordination dans l'étendue du diocèse de Paris pendant l'absence de M. le cardinal de Retz et de Messieurs les grands-vicaires, et que de l'autre, il ne voulait pas s'exposer à reconnaître la juridiction de fabbé de Saint-Germain.

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