‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 474 sur 510 · LIVRE XIll · texte numérisé non relu

LIVRE XIll

tôïïs dans sa dépendance parce qu'ils lui étaient redevables de la liberté dans laquelle il les avait maintenus de pouvoir porter leurs suffrages, contre les anciens règlements de la Faculté autorisés par plusieurs arrêts. Avec ce secours, il fît conclure à la pluralité des voix que cette lettre de M. Arnauld serait examinée, et afin qu'il n'y eût pas de différence entre cet examen prétendu et la censure qu'il avait déjà toute formée dans son esprit, il fit nommer pour cet effet ceux des docteurs qu'il savait par une longue expérience lui être les plus unis, les plus chauds pour la défense des opinions de Molina, et les plus ouvertement déclarés contre l'auteur de la lettre qu'ils voulaient flétrir ; de sorte que les parties mêmes de M. Arnauld devinrent ses juges par cette délibération irrégulière.

Voilà quelle fut l'origine de l'une des plus grandes injustices qui aient jamais été commises en notre siècle, et que la postérité aura peine à croire. Elle demande elle seule un volume tout entier pour en faire passer l'histoire à ceux qui viendront après nous. Il y a longtemps que le public la demande avec impatience, et on n'en peut parler ici qu'en général, pour ne pas couvrir du silence l'un des plus étranges événements de nos jours, et qui a eu de plus grandes et de plus fâcheuses suites *.

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