CHAPITRE XXV
L'assemblée générale du clergé de France ayant été différée jusqu'à ce temps-là, ceux qui la devaient composer se rendirent le 25 octobre chez M. l'archevêque de Narbonne pour délibérer des lieu et jour où elle se devait tenir, et ils arrêtèrent que dès le lendemain elle se tiendrait dans la salle des Augustins. La chose fut exécutée le 26, et après y
1. Il résulte des explications données dans ce dernier paragraphe que l'histoire de la condamnation d'Arnauld, c'est-à-dire l'histoire des premières Provinciales, est tronquée dans ces Mémoires, parce qu'elle devait faire l'objet d'une publication spéciale. C'est une lacune bien regrettable, car Hermant avait pris en Sorbonne la défense de son ami, et son témoignage eût été de la plus grande importance.
2. On peut proposer le titre suivant : Ouverture de .l'Assemblée générale du Clergé.
710 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT
avoir examiné quelques procurations, on arrêta que lesévêques iraient saluer M. le cardinal Mazarin pour le prier de venir honorer l'assemblée de sa présence.
Quoique cette circonstance soit très véritable, ils n'ont pas jugé à propos de la mettre au frontispice du procès-verbal, de peur sans doute que toute la postérilé ne fût mal édifiée de ce qu'ils préférèrent en cela une civilité humaine à leur ancienne pratique, qui les obligeait de commencer des actions aussi saintes que le devaient être les délibérations d'une assemblée ecclésiastique par l'invocation de la grâce du Saint-Esprit
Ils n'ont pas cru aussi qu'ils dussent apprendre à ceux qui viendront après nous que pour témoigner le mépris qu'il faisait du caractère épiscopal et de leur peu de zèle pour l'Eglise, étant allés chez lui le 27 du même mois, il les traita avec tant d'indignité qu'il les fit attendre depuis dix heures (lu matin jusqu'à une heure après midi, qu'il prit la résolution de leur donner audience ^ Un si beau commencement leur devait faire concevoir d'abord la protection et l'appui qu'ils en devaient attendre dans la suite, et combien il serait touché de leurs basses déférences et de leurs plus profondes humiliations.
11 avait sans doute destiné une bonne partie de cette journée à des actions de piété ; car ensuite de leur audience il en donna encore une autre aux suffragants de l'archevêché de Paris Ils tâchèrent de lui représenter le triste état où se trouvait ce diocèse, et de lui faire concevoir que les difficultés qui s'y rencontraient pour les assemblées diocésaines et provinciales ne seraient jamais levées tant que les choses seraient sur le pied ou on les voyait alors. Il crut leur faire assez de grâce de les vouloir bien entendre sans
1. Hermant avait écrit : Ih nonl pas cru aussi qu'ils dussent apprendre à ceux qui viendront après nous que pour témoigner le grand respect qu'il avait pour le caractère épiscopal et son zélé extrême pour r Église, étant alléa chez lui le 2'7 du même mois, il eut assez de civilité pour ne les faire attendre que depuis dix heures du matin jusqu'à une heure après midi, qu'il prit le charitable résolution de leur donner audience.
Ua correcteur (sans doute la M. Le Pérou, religieuse de PortRoy.il, qui a revu et transcrit ces Mémoires), a supprimé ce passage ironique et substitué un nouveau texte à celui d'Hermant.