‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 5 sur 510 · François fierthelott jésuite, né à Nevers, mort en · texte numérisé non relu

François fierthelott jésuite, né à Nevers, mort en

lui dit que le P. Machault *, leur recteur, le viendrait voir pour lui représenter avec plus d'efficace l'importance de cet avis salutaire. Le recteur ne fit point cette visite, mais il y envoya le P. Le Comte, grand déclamateur, qui toutefois ne réussit pas mieux que son confrère.

Le même P. Berthelot alla voir aussi la Mère prieure des Carmélites pour lui donner de mauvaises impressions de ce théologien qu'elle honorait, et qui avait choisi la chapelle de ces religieuses pour y offrir le sacrifice. Mais cette sage religieuse dit à ce Père qu'assurément il ne connaissait pas M. Manessier, et qu'il en parlait mal sur de faux mémoires, puisqu'elle avait le témoignage de M. Coqueret, leur supérieur, homme de probité reconnue, qui fraîchement lui avait écrit de ce pieux ecclésiastique d'une manière très avantageuse, bien loin de lui donner aucun mauvais soupçon de sa conduite ni de ses sentiments ; qu'elle apprenait de cette lettre que M. Manessier avait demeuré l'espace de quinze ans avec M. Coqueret, docteur de Paris et principal du collège des Grassins, lequel était son directeur, et qu'il y demeurait encore lorsqu'on le vint solliciter d'aller à Caen, ce qu'il ne résolut que par le conseil de ce docteur célèbre par sa piété.

Si cette prieure, fille d'esprit et de vertu, ne put être prévenue par les Jésuites au préjudice de M. Manessier, la supérieure des Ursulines se laissa aisément persuader par ces Pères et par ceux de l'Hermitage, qui est dans le voisinage de ces filles, avec lesquelles ils ont une liaison particulière. Cette supérieure, étant préoccupée de la mauvaise opinion qu'on lui avait donnée de ce théologien, conçut une si grande aversion contre lui qu'elle ne put s'empêcher de la témoigner en diverses rencontres par des discours peu convenables à la retenue d'une fille, et d'une fille religieuse.

Quant à M'»° l'abbesse de Caen, quoiqu'elle eût suivi d'abord les mauvaises impressions que les Jésuites lui avaient données contre M. Manessier, néanmoins elle reconnut bientôt après qu'on l'avait surprise; ayant voulu voir et entendre cet ecclésiastique, dont elle demeura pleinement satisfaite ainsi que depuis elle le témoigna plus d'une fois

1. Jacques de Machault, jésuite (1600-1680), fut recteur de plusieurs collèges et composa quelques ouvrages ascétiques.

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