LIVRE IX
faire une discussion de la doctrine de saint Augustin et de celle de ce prélat pour faire voir en quoi elles étaient différentes, et qu'on les trouverait tout à fait conformes par cette discussion; que M. Sinnich s'étant offert de faire voir en présence de Sa Sainteté et de tout le sacré collège que [cette conformité*] était tellement véritable qu'il s'offrait de brûler lui-même de sa propre main le livre de cet évêque s'il se trouvait qu'il eût falsifié la doctrine de saint Augustin en quelque point; que la chose en était demeurée là par la mort du pape Urbain VIII, qui avait empêché de la terminer; mais que la poursuite de cet examen pouvait être reprise dans la conjoncture où les évêques de France avaient mis l'affaire par l'envoi de leurs députés ; qu'il était de l'honneur des églises des Pays-Bas et de la grandeur et de la majesté du roi d'Espagne qu'il y eût aussi à Rome des députés de leur part pour soutenir la cause d'un des plus illustres prélats qui eût jamais été dans l'Église de Flandre sous la protection de leur souverain monarque, tandis que les évoques de France y avaient leurs députés^ et que Sa Majesté très chrétienne faisait solliciter le pape de juger des propositions sous lesquelles il y avait toutes les apparences du monde de craindre qu'on ne voulût faire condamner le livre de M. l'évêque d'Ypres. Que le nom de Sa Majesté, qui était si vénérable dans Rome, ferait considérer la députation qu'ils demandaient et forcerait enfin le pape à leur accorder la grâce pour laquelle ils s'étaient adressés à lui et la justice qu'il avait refusé* de leur rendre jusqu'à sa mort; qu'enfin c'était Tunique moyen d'apaiser tous les différends et de faire cesser tous les troubles que le refus de reconnaître la doctrine de saint Augustin et la liberté que les adversaires avaient de les contredire causaient dans toute la Flandre; que les évêques et les États du Brabant et les Universités de Louvain et de Douai n'avaient prétendu autre chose que la conservation de cette doctrine si céleste dans l'opposition qu'ils avaient formée à la bulle d'Urbain VIII, de quelque calomnie dont on pût noircir ce procédé.
Plus ces raisons faisaient d'impression sur les esprits des ministres de Sa Majesté catholique par le poids de la