‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 3)Chapitre 58 sur 510 · Ma. : cessé · texte numérisé non relu

Ma. : cessé

Ob MEMOIRES DE GODEFROI HERMANT

justice et de Téquité qu'elle exposait à leurs yeux, et plus leurs adversaires s'efforçaient d'intéresser Rome et de faire agir celui qui en portait les intérêts. Et comme il n*y avait rien qui fît plus de peine à Tesprit du pape que de le vouloir embarrasser dans un travail aussi pénible qu'était celui de l'examen de M. l'évêque d'Ypres qu'il croyait avoir échappé par la bulle de son prédécesseur, il n'y avait rien qu'il appréhendât davantage que le succès de cette députation. La seule vue des députés des évoques de France qui étaient sur ses bras et dont la présence le fatiguait était capable de lui faire envisager toute cette affaire comme un abîme d'où il ne sortirait jamais si une fois il s'y engageait. L'exemple d'Urbain VIII, qu'il alléguait si souvent comme étant mort dans la discussion de cette affaire si fameuse qui se traitait dans la congrégation De auxiliis, était toujours devant ses yeux et l'empêchait d'entendre parler d'assemblées semblables à celles-là qu'il avait vues de ses propres yeux*. Ainsi il faisait agir sous main tous ses ministres pour rompre toutes les affaires qui pouvaient l'engager dans cette nécessité. C'était le motif secret qui balançait cette affaire en Espagne, parce que l'on ne voulait rien faire qui pût aigrir Sa Sainteté, y ayant assez de raisons dans les affaires politiques qui empêchaient qu'on ne lui donnât satisfaction en d'autres choses qu'il souhaitait avec beaucoup de passion et d'ardeur. Ainsi on se contentait de remettre de jour en jour les députés des Pays-Bas, et par cette remise on gagnait toujours du temps, et comme on s'étudiait à ne point déplaire au pape, on ne rebutait point aussi les Flamands qu'on considérait assez pour ne les point mécontenter.

Mais tous ces délais ne guérissaient pas l'esprit du pape et ne délivraient point les Jésuites de leur appréhension. Ils avaient de l'impatience de voir finir cette affaire par le renvoi de ces députés, ce qu'ils ne pouvaient encore obtenir, n'y ayant rien d'assez fort pour faire tomber la balance de leur côté. La cour d'Espagne voulait voir quel train prendrait dans Rome l'affaire des députés des évêques de France. Ainsi les choses demeuraient toujours indécises dans l'une et dans l'autre cour; le pape s'attachant de son côté à

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