LIVRE IX
auprès du pape les bulles de Tévêché de Toul sur la nomination dont le roi l'avait honoré, et Sa Sainteté faisait de grandes difficultés de les lui accorder sur le brevet de Sa Majesté, pour ne pas préjudicier au droit qu'il prétendait avoir sur cette église. Néanmoins il espérait toujours qu'à la fin l'esprit du pape s'adoucirait * en sa faveur, et qu'il considérerait tous les bons services qu'il lui rendait dans sa charge d'official et de grand vicaire de l'archevêché de Paris, ne se présentant point d'occasion où il ne s'efforçât de faire paraître l'inclination qu'il avait de favoriser en toutes choses les prétentions de sa cour. C'est ce qui lui fît prendre celle-ci comme l'une des plus favorables qui se fussent jamais présentées à lui, et qui le porta à dresser le mandement pour la publication de sa constitution dans les termes qui lui pouvaient être plus agréables.
Néanmoins il ne put agir si secrètement qu'il ne communiquât son dessein à quelques-uns de ses amis, qui lui conseillèrent de ne se point précipiter dans cette affaire, et d'attendre que M. l'archevêque lui eût envoyé l'ordre de dresser ce mandement, afin de se décharger de la haine qui pourrait retomber sur lui s'il était conçu en des termes qui favorisassent le parti des Jésuites et qui surchargeassent des personnes très catholiques et très innocentes qu'ils traitaient malicieusement d'hérétiques. Le résultat de l'assemblée des évêques lui fut représenté afin qu'il se modérât et qu'il disposât M. l'archevêque de Paris à entrer dans un tempérament de douceur et de modération. iMais comme toutes ces remontrances ne l'assuraient point des bulles desonévêché, elles ne faisaient nulle impression sur lui, et il demeura ferme dans sa résolution.
M. l'archevêque de son côté répondit à ceux qui le sollicitaient de faire cette publication qu'il avait fait des défenses de prêcher et d'enseigner aucune doctrine qui fût en contestation; qu'il savait bien que ses défenses avaient été religieusement gardées par ceux que l'on avait plusieurs fois accusés de les avoir violées, et qu'il n'y avait que ceux qui les avaient faussement déférés qui ne les eussent point observées ; que son diocèse était en paix et qu'il n'y avait point eu d'autre bruit que celui que les Jésuites et les docteurs