‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 101 sur 440 · LIVRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXV

résolu de déclarer à M. le vicaire les motifs qu'il avait eus dans cette conduite, afin que M. le curé en pût être informé par son moyen.

Le même jour, M. le vicaire vint voir M. Feydeau et lui parla amiablement, sans l'inquiéter sur quoi que ce soit. A l'entrée du logis, il avait été rencontré par M. de la Planche qui lui avait dit franchement et comme à son ami les raisons qu'il avait eues de ne pas déclarer à M. le curé que c'était M. Feydeau qui était malade chez lui. Ces raisons étaient qu'il avait tout sujet de croire que M. le curé n'était venu dans sa maison que pour inquiéter M. Feydeau, le troubler et lui faire insulte, ce qui était vraisemblable :

1° Par l'insulte qui avait été faite dans Saint-Sulpice à d'autres personnes au sujet du sacrement de pénitence ;

2° Par les déclarations publiques que M. le curé avait faites en pleine chaire contre la maison de M. de la Planche, à un tel point que lui, M. de la Planche, avait été obligé de s'en plaindre aux supérieurs de l'abbaye de Saint- Germain-des-Prés ;

3° Parce que M. le curé n'était jamais venu en cette maison, quoique M'^^ de la Planche, sa femme, y fût morte depuis six mois après une maladie de trois mois entiers, pendant lesquels ce pasteur n'avait daigné la visiter une seule fois ;

4° Parce que M. le curé avait refusé à M. de la Planche de le diriger, prétextant son refus sur ce qu'aussitôt que M. Duhamel serait revenu à Paris, M. de la Planche se ran gérait tout de nouveau sous sa conduite.

M. le vicaire répondit à toutes ces raisons qu'il travaillerait à réconcilier M. de la Planche avec M. le curé.

Le vendredi 22, jour de sainte Madeleine, M. Feydeau ayant paru beaucoup plus mal, on crut qu'il était temps de lui administrer le sacrement de l'extrême-onction, et on envoya le demandera Saint-Sulpice sur les neuf heures du matin, et parce qu'on appréhendait quelque refus, on manda en même temps un notaire.

M. le vicaire de Saint-Sulpice, accompagné d'un autre ecclésiastique, apporta les saintes huiles. Mais avant que d'administrer ce sacrement à M. Feydeau, il lui proposa le formulaire à signer, écrit à la main sans aucun mandement, ni des grands-vicaires de M. de Paris, ni des officiers de

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M. de Metz, abbé de Saint-Germain-des-Prés. M. Feydeau en fit refus, et témoigna qu'étant du diocèse de Paris il avait rendu compte de sa foi à ses supérieurs, et était prêt de signer au bas du mandement des vicaires généraux de Paris. Sur cela M. Desnotz*, contrôleur des bâtiments du roi, qui demeurait chez M. de la Planche, vint chercher dans le cabinet de M. Feydeau un mandement de Paris, et dit que le malade était prêt de le signer. Mais M. le vicaire de Saiut-Sulpice, ayant répondu que ce mandement n'était pas bon, se tourna vers le lieu où était le vaisseau des saintes huiles, et se mit en état de le remporter, après avoir regardé son collègue avec un souris. Il l'aurait fait si M. du Plessis Picard*, frère puisné de feu M. de Périgny, maître des requêtes et gendre de M. de la Planche, qui était dans la ' chambre, ne l'eût interpellé de déclarer par écrit au bas du formulaire qu'il refusait de donner l'extrême-onction à M. Feydeau parce qu'il ne voulait pas signer ce formulaire qu'il lui présentait sans aucun mandement. Et comme ce vicaire refusa, M. du Plessis et M. Desnotz le prièrent d'attendre un moment que le notaire qu'ils avaient envoyé quérir fût venu, afin de prendre un acte de refus qu'il faisait, puisque lui-même ne voulait pas le donner. M. le vicaire attendit un peu de temps, et aussitôt il reprit le vaisseau des saintes huiles et sortit de la chambre. Le notaire qui arrivait le rencontra au bas du degré, qui contestait avec MM. de la Planche et du Plessis, qui dirent au notaire de sommer en leur nom et en celui de M. Feydeau M. le vicaire de lui administrer l'extrême-onction, ou de dire des causes du refus. A quoi ce prêtre répondit que le malade n'était pas pressé, et qu'il s'en allait parler à M. le curé ; après quoi il se retira. Le notaire en dressa son acte, comme aussi de la déclaration que lui fit le malade de ce qui s'était passé dans la chambre entre M. le vicaire et lui, des offres qu'il avait faites de signer conformément au

1. Nicolas Desnotz, conseiller du roi et contrôleur général de ses bâtiments, était un ami intime des La Plauclie. 1! mourut en 1667 à l'âge de 72 ans.

2. François Le Picard, seigneur du Plessis (1626-1672), ami de Feydeau et des autres exilés de Saint-Merry, était devenu en 1656 beau-frère de la Planche.

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